Les incontournables de Palerme en un coup d’œil
Voici les 15 incontournables de Palerme avec durée, prix et réservation. Le détail de chaque lieu suit juste après.
* Prix indicatifs, donnés comme ordres de grandeur : vérifiez le tarif exact sur le site officiel du monument avant de réserver.
1. La chapelle Palatine et le Palais des Normands
La chapelle Palatine est le sommet de l’art arabo-normand et la raison principale de venir à Palerme. Achevée en 1140 dans le Palais des Normands, elle réunit des mosaïques byzantines à fond d’or, un plafond à muqarnas de facture fatimide et des inscriptions en grec, latin et arabe.
Elle témoigne d’un moment bref et singulier où chrétiens, musulmans et juifs travaillaient au même chantier, sous la protection des rois normands de Sicile. Aucun autre édifice ne le montre aussi clairement.
Le palais abrite aujourd’hui l’Assemblée régionale sicilienne, ce qui restreint l’accès à certains espaces les jours de session. Comptez deux heures et réservez : la chapelle est petite et le flux limité.
Astuce terrain : venez à l’ouverture. La lumière rasante du matin traverse les fenêtres hautes et allume l’or des mosaïques, ce qui ne se produit pas l’après-midi.
2. La cathédrale de Palerme
La cathédrale de Palerme est un manuel d’architecture à elle seule. Fondée en 1185 sur une mosquée, elle-même bâtie sur une basilique byzantine, elle a été remaniée jusqu’au XVIIIᵉ siècle : abside normande, portique gothique catalan, coupole néoclassique.
Une colonne du portique porte encore une inscription coranique, vestige de la mosquée. Les tombeaux royaux abritent Frédéric II et Roger II.
La montée aux toits, payante, donne une vue sur la ville et sur l’imbrication des styles vue d’en haut. L’entrée dans la nef est gratuite.
Comptez une heure, deux avec les toits et la crypte.
3. Le marché de Ballarò
Ballarò est le plus ancien marché de Palerme, installé depuis l’époque arabe dans le quartier de l’Albergheria. On y crie les prix en dialecte selon une tradition appelée abbanniata, héritée des souks.
Le marché fonctionne du lundi au samedi matin, et il vit surtout avant midi. L’après-midi, il se transforme en lieu de sortie pour les jeunes Palermitains.
C’est aussi le meilleur endroit pour la cuisine de rue : panelle, arancine, sfincione, crocchè. Comptez une heure trente en prenant le temps de goûter.
Le quartier est populaire et parfois délabré. La prudence normale d’une grande ville suffit : sac devant soi, téléphone rangé.
4. La cathédrale de Monreale
Monreale, à huit kilomètres de Palerme, conserve 6 500 mètres carrés de mosaïques byzantines : le plus vaste ensemble d’Italie après Saint-Marc de Venise.
Le Christ Pantocrator de l’abside, haut de sept mètres, domine la nef. Le cycle raconte l’Ancien et le Nouveau Testament sur l’ensemble des murs, dans un état de conservation remarquable.
Le cloître attenant aligne 228 colonnes jumelées, toutes différentes, aux chapiteaux sculptés d’une invention permanente. Il se visite séparément et vaut le supplément.
Comptez deux heures avec le trajet en bus depuis la place de l’Indépendance. C’est l’excursion la plus rentable de Palerme.
5. Les Quattro Canti et la place Pretoria
Les Quattro Canti sont le croisement baroque des deux axes principaux de la vieille ville, avec quatre façades concaves identiques qui découpent Palerme en quatre quartiers historiques.
À cinquante mètres, la place Pretoria est occupée par une fontaine maniériste de 1554, achetée à Florence et remontée ici. Ses nus ont valu à la place le surnom de « place de la Honte » de la part des religieuses du couvent voisin.
Comptez quarante-cinq minutes pour les deux. Le carrefour est le point de repère naturel du centre : tout part de là.
6. L’église de la Martorana
Santa Maria dell’Ammiraglio, dite la Martorana, est une église du XIIᵉ siècle dont les mosaïques byzantines sont contemporaines de celles de la chapelle Palatine, réalisées par les mêmes ateliers.
Elle conserve une représentation de Roger II couronné par le Christ, l’un des rares portraits contemporains d’un roi normand de Sicile. Le contraste avec l’ajout baroque de la nef est saisissant.
L’église voisine de San Cataldo, coiffée de trois coupoles rouges, montre le même style dans un dépouillement total.
Comptez quarante-cinq minutes pour les deux, qui se touchent.
7. Le théâtre Massimo
Le théâtre Massimo est le plus grand opéra d’Italie et le troisième d’Europe par la superficie. Inauguré en 1897, fermé pendant vingt-trois ans pour restauration, il a rouvert en 1997.
Son escalier extérieur est celui de la scène finale du Parrain III, ce qui vaut au lieu une notoriété qui dépasse le monde lyrique.
La visite guidée dure une heure et montre la salle, le foyer et la loge royale. Assister à une représentation reste la meilleure option : les places les plus hautes sont abordables.
8. Les catacombes des Capucins
Les catacombes du couvent des Capucins conservent environ huit mille corps momifiés, exposés debout dans leurs vêtements, classés par corporation : prêtres, professionnels, femmes, enfants.
La pratique s’est étendue du XVIᵉ siècle à 1920. La dernière inhumée, Rosalia Lombardo, morte à deux ans en 1920, est conservée dans un état qui a longtemps intrigué les scientifiques.
Le lieu est éprouvant et sans concession. Il n’est pas recommandé aux enfants, et les photographies y sont interdites.
Comptez une heure. C’est l’une des visites les plus singulières d’Europe, et l’une des plus dérangeantes.
9. Le marché du Capo et la Vucciria
Le Capo est le marché le plus dense de Palerme, dans un dédale de ruelles couvertes de bâches. Il fonctionne tous les matins sauf le dimanche et reste très majoritairement fréquenté par des Palermitains.
La Vucciria, autrefois le plus grand marché de la ville, s’est réduite à quelques étals mais s’est reconvertie en lieu de sortie nocturne. Le contraste entre le jour et la nuit y est total.
Comptez une heure trente pour les deux. Le Capo se visite le matin, la Vucciria le soir : ce ne sont pas les mêmes lieux aux mêmes heures.
10. Le Palazzo Abatellis
Le Palazzo Abatellis, palais gothique-catalan de 1495, abrite la Galerie régionale de Sicile. Sa mise en scène muséographique, signée Carlo Scarpa en 1954, est étudiée dans les écoles d’architecture.
Deux œuvres justifient la visite : le Triomphe de la Mort, fresque monumentale du XVᵉ siècle d’un auteur inconnu, et le buste d’Éléonore d’Aragon de Francesco Laurana.
Comptez une heure trente. Le musée est dans le quartier de la Kalsa, l’ancien quartier arabe.
11. San Giovanni degli Eremiti
San Giovanni degli Eremiti, avec ses cinq coupoles rouges, est l’édifice qui dit le plus clairement l’héritage arabe de Palerme. Construite en 1136 sur une mosquée, elle en a gardé les formes.
Son cloître du XIIIᵉ siècle, envahi de citronniers et de bougainvillées, est l’un des endroits les plus calmes du centre : à quelques minutes du Palais des Normands.
Comptez une heure. Le contraste avec l’agitation des marchés, à dix minutes à pied, est la meilleure illustration de ce qu’est Palerme.
12. Le Foro Italico et la Kalsa
La Kalsa est l’ancien quartier arabe, longtemps le plus dégradé de Palerme après les bombardements de 1943, et aujourd’hui le plus vivant le soir.
Le Foro Italico, promenade en bord de mer, borde le quartier. C’est là que Palerme se promène le dimanche, et l’un des rares espaces ouverts du centre.
L’église Santa Maria dello Spasimo, sans toit depuis le XVIᵉ siècle, accueille des concerts sous le ciel : un des lieux les plus étonnants de la ville, et l’entrée est libre.
Comptez deux heures pour le quartier et la promenade.
13. Mondello et sa plage
Mondello est la plage de Palerme, à une douzaine de kilomètres du centre, dans une baie fermée par deux promontoires. Le sable est blanc et l’eau peu profonde sur une longue distance.
La station a été aménagée au début du XXᵉ siècle, et son établissement de bains Art nouveau sur pilotis en est resté l’emblème.
Une partie de la plage est libre, le reste concédé à des établissements payants. Comptez une demi-journée, bus depuis le centre en une trentaine de minutes.
14. Le Monte Pellegrino et Santa Rosalia
Le Monte Pellegrino domine Palerme de 600 mètres et sépare la ville de Mondello. Goethe l’a décrit comme le plus beau promontoire du monde.
Le sanctuaire de Santa Rosalia, patronne de la ville, est bâti dans une grotte à mi-hauteur. La sainte y aurait vécu en ermite, et ses reliques auraient arrêté la peste de 1624 : d’où la ferveur qui l’entoure encore.
La vue depuis le belvédère couvre le golfe entier. Comptez deux heures trente avec le trajet en bus.
15. Cefalù, à une heure de train
Cefalù est un bourg de pêcheurs coincé entre la mer et un rocher de 270 mètres, à une heure de train de Palerme : sans voiture, ce qui en fait l’excursion la plus simple.
Sa cathédrale normande, achevée en 1131, abrite un Christ Pantocrator en mosaïque antérieur à celui de Monreale et que beaucoup jugent plus beau.
Le lavoir médiéval, les ruelles et la plage de sable bordant directement la vieille ville complètent la journée. La montée à la Rocca prend une heure aller-retour.
Comptez une journée. Cefalù sature en juillet et août : venez tôt ou hors saison.
Combien de jours pour visiter Palerme ?
Deux jours suffisent pour la ville, trois avec Monreale et Cefalù, quatre à cinq si Palerme sert de base pour l’ouest sicilien. Le centre historique se traverse à pied en quarante minutes.
En 1 jour : la chapelle Palatine, la cathédrale, les Quattro Canti, la Martorana et un marché en matinée.
En 2 jours : ajoutez le Palazzo Abatellis, la Kalsa et le théâtre Massimo, avec une soirée à la Vucciria.
En 3 jours : Monreale en matinée, puis Mondello ou le Monte Pellegrino. C’est la durée qui donne le meilleur équilibre.
En 5 jours : Cefalù, Ségeste et les salines de Trapani deviennent accessibles, et Palerme devient une base plutôt qu’une destination.
Où dormir à Palerme ? Les meilleurs quartiers
Le bon choix par défautCentro Storico
le meilleur choix par défaut, autour des Quattro Canti. Tout est à moins de quinze minutes, et le quartier s’est beaucoup amélioré ces dix dernières années.
Vie nocturneKalsa
l’ancien quartier arabe, le plus animé le soir, avec le front de mer à deux pas. Plus jeune et plus bruyant. Bon choix pour un séjour court centré sur les sorties.
Bon plan famillesPoliteama
résidentiel et bourgeois, autour du théâtre du même nom, avec des immeubles du XIXᵉ siècle et des chambres plus grandes. Bon plan familles et longs séjours.
Où manger à Palerme ?
Palerme est l’une des grandes capitales mondiales de la cuisine de rue, et c’est là qu’il faut manger plutôt qu’au restaurant.
Les incontournables : arancine, au féminin ici, contrairement à Catane : panelle de pois chiches, sfincione, crocchè, et le pani ca meusa, sandwich à la rate, pour ceux que rien n’arrête.
Les marchés du Capo, de Ballarò et la Vucciria concentrent les meilleures adresses, à deux ou trois euros la portion. Une pizzeria de quartier tourne autour de 8 à 12 €.
Côté sucré, la cassata, les cannoli garnis à la commande et la granita au petit déjeuner, servie avec une brioche.
Palerme est-elle dangereuse ?
C’est la question que se posent beaucoup de visiteurs, et elle mérite une réponse franche. Palerme a porté une réputation liée à la mafia qui ne correspond plus à la réalité du visiteur d’aujourd’hui.
Les quartiers touristiques : centre historique, Kalsa, Politeama, front de mer : se parcourent sans problème particulier, y compris le soir. Le risque réel est le vol à l’arraché, pas l’agression.
Les marchés populaires demandent la vigilance ordinaire d’une grande ville : sac devant soi, téléphone rangé, pas de bijoux voyants.
La circulation, en revanche, est un vrai sujet : les scooters remontent les sens interdits et les passages piétons sont indicatifs. Traversez d’un pas décidé, c’est ce que font les Palermitains.
Quand partir à Palerme ?
Avril à juin et septembre-octobre offrent le meilleur climat : 20 à 28 °C, mer baignable dès juin, sites praticables.
Juillet et août dépassent souvent 35 °C, et la ville se vide en août : beaucoup de commerces de quartier ferment deux à trois semaines.
L’hiver est doux, autour de 15 °C, et convient très bien aux musées et au centre historique. C’est la meilleure saison pour les prix.
Deux dates à noter : la Semaine sainte, aux processions spectaculaires, et le Festino di Santa Rosalia du 14 au 15 juillet, la grande fête de la ville.
Infos pratiques pour visiter Palerme
Y aller. L’aéroport Falcone-Borsellino est à 35 km, relié au centre par le train en une heure et par bus en cinquante minutes. Des vols directs desservent Palerme depuis plusieurs villes françaises. Des ferries relient Naples, Gênes et Civitavecchia.
Se déplacer. Le centre historique se parcourt entièrement à pied. Les bus desservent Monreale, Mondello et le Monte Pellegrino. Le train relie Cefalù en une heure. Ne louez pas de voiture pour la ville : circulation dense et stationnement très difficile.
Combien de jours. Deux jours pour la ville, trois avec Monreale et Cefalù, cinq si Palerme sert de base pour l’ouest sicilien.
Meilleure période. Avril à juin et septembre-octobre, entre 20 et 28 °C. Juillet et août pour la mer, autour de 26 à 28 °C, mais les visites en ville se font alors tôt le matin.
Budget. Comptez 20 à 30 € par jour et par personne pour les monuments, et 10 à 20 € pour un repas. La cuisine de rue permet de manger pour quelques euros. Palerme est l’une des grandes villes italiennes les moins chères.