Les incontournables de Venise en un coup d’œil
Voici les 15 incontournables de Venise avec durée, prix et réservation. Le détail de chaque lieu suit juste après.
* Prix indicatifs, donnés comme ordres de grandeur : vérifiez le tarif exact sur le site officiel du monument avant de réserver.
1. La basilique Saint-Marc
La basilique Saint-Marc est une église byzantine consacrée en 1094 pour abriter les reliques de l’évangéliste Marc, volées à Alexandrie en 828. Ses 8 000 mètres carrés de mosaïques à fond d’or en font l’intérieur le plus spectaculaire d’Italie.
La Pala d’Oro, retable d’orfèvrerie serti de 1 900 pierres précieuses, et les chevaux de bronze antiques rapportés du sac de Constantinople en 1204 se visitent séparément. La loggia offre une vue plongeante sur la place.
L’entrée principale est peu coûteuse mais la file peut atteindre une heure. La réservation d’un créneau, pour quelques euros de plus, supprime l’attente : c’est le meilleur rapport temps-argent de Venise.
Astuce terrain : la basilique reste ouverte en soirée certains jours de l’année, avec les mosaïques éclairées. C’est le seul moment où l’or prend vraiment, et il n’y a presque personne.
2. Le palais des Doges
Le palais des Doges a été le siège du gouvernement de la République de Venise pendant mille ans, jusqu’en 1797. Sa façade gothique de marbre rose repose sur une double galerie d’arcades, inversant la logique habituelle du lourd sur le léger.
Le parcours traverse les salles institutionnelles : dont la salle du Grand Conseil et son Paradis du Tintoret, la plus grande toile sur châssis au monde : puis le pont des Soupirs et les prisons.
Les Itinéraires secrets, sur réservation séparée, montrent les bureaux de l’Inquisition, les combles et la cellule d’où Casanova s’est évadé en 1756. C’est la meilleure visite guidée de la ville.
Comptez deux heures, trois avec les Itinéraires secrets. Le billet combiné inclut le musée Correr sur la place.
3. La place Saint-Marc et le campanile
La place Saint-Marc est la seule de Venise à porter le nom de piazza : toutes les autres sont des campi. Napoléon l’aurait appelée le plus beau salon d’Europe, formule que la ville n’a jamais cessé de citer.
Le campanile, haut de 99 mètres, s’est effondré en 1902 et a été reconstruit à l’identique. Un ascenseur monte au sommet, d’où l’on voit la lagune entière et, par temps clair, les Dolomites.
La place est le point le plus bas de la ville et le premier submergé par l’acqua alta, entre novembre et janvier. Des passerelles sont installées ces jours-là.
Les cafés historiques (le Florian, ouvert en 1720) facturent un supplément d’orchestre. Le prendre debout au comptoir coûte trois fois moins cher qu’assis en terrasse.
4. Le pont du Rialto et son marché
Le pont du Rialto est le plus ancien des quatre franchissements du Grand Canal, achevé en pierre en 1591 après plusieurs effondrements de versions en bois. Ses boutiques en font une rue autant qu’un pont.
Le marché du Rialto, sur la rive ouest, existe depuis le XIᵉ siècle. La halle aux poissons ouvre du mardi au samedi, tôt le matin, et c’est le meilleur endroit de Venise pour voir la ville travailler plutôt que se montrer.
Autour du marché, les bacari, bars à vin vénitiens, servent des cicchetti, petites bouchées à consommer debout. C’est la manière la moins chère et la plus locale de déjeuner.
5. Le Grand Canal en vaporetto
Le Grand Canal traverse Venise sur quatre kilomètres en forme de S inversé, bordé de plus de cent soixante palais du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle. La ligne 1 du vaporetto le remonte entièrement en une heure, avec arrêt à chaque station.
C’est la meilleure introduction à la ville, et de loin la moins chère : le prix d’un billet ordinaire pour ce qui équivaut à une visite guidée des façades. Installez-vous à la proue, en plein air.
Faites-le à l’aller en journée pour les détails, et au retour à la nuit tombée pour les intérieurs éclairés : les palais laissent voir leurs plafonds et leurs lustres.
6. Le pont des Soupirs
Le pont des Soupirs est un passage couvert de 1600 reliant le palais des Doges aux prisons neuves. Son nom, inventé par Byron au XIXᵉ siècle, vient de l’idée que les condamnés y soupiraient devant leur dernière vue sur la lagune.
On le traverse de l’intérieur avec le billet du palais des Doges. Les fenêtres à claustra ne laissent voir que des fragments, ce qui rend la légende plus crédible.
De l’extérieur, il se photographie depuis le Ponte della Paglia, sur la Riva degli Schiavoni : l’un des points les plus encombrés de la ville en journée.
7. Murano et ses verreries
Murano est l’île des verriers depuis 1291, quand la République y a déplacé les fours pour éviter les incendies à Venise, et pour mieux surveiller un secret industriel dont la divulgation était punie de mort.
Les démonstrations de soufflage sont gratuites dans la plupart des ateliers, qui espèrent une vente ensuite. Le musée du Verre retrace deux mille ans de technique, depuis les pièces romaines.
Comptez trois heures avec le trajet. Attention aux « usines » qui envoient des rabatteurs sur la place Saint-Marc : le verre authentique porte une marque d’origine, et beaucoup de ce qui se vend à Venise vient d’ailleurs.
8. Burano et ses maisons colorées
Burano est une île de pêcheurs dont les maisons sont peintes de couleurs vives, une tradition qui permettait aux marins de reconnaître leur foyer dans le brouillard de la lagune. Les couleurs sont encore soumises à autorisation municipale.
L’île est aussi célèbre pour sa dentelle à l’aiguille, dont le musée montre les techniques. Le campanile de l’église San Martino penche de façon spectaculaire.
Comptez trois heures avec le trajet : 40 minutes de vaporetto depuis Fondamente Nove. Venez tôt : Burano est petite et sature vite en milieu de journée.
9. Torcello et sa basilique
Torcello a été la première île peuplée de la lagune et comptait vingt mille habitants au Xᵉ siècle. Elle en compte aujourd’hui une dizaine : la malaria et l’envasement l’ont vidée au profit de Venise.
Sa basilique Santa Maria Assunta, fondée en 639, conserve une mosaïque du Jugement dernier qui couvre tout le mur ouest, et une Vierge byzantine sur fond d’or dans l’abside : l’une des plus belles d’Italie.
L’île est à cinq minutes de Burano en vaporetto et reste presque déserte. C’est le contraste le plus saisissant de la lagune, et la visite que les guides pressés sautent.
10. La collection Peggy Guggenheim
La collection Peggy Guggenheim occupe le Palazzo Venier dei Leoni, palais inachevé du XVIIIᵉ siècle où la collectionneuse américaine a vécu de 1949 à sa mort en 1979. Elle y est enterrée dans le jardin, avec ses chiens.
La collection couvre le cubisme, le surréalisme et l’expressionnisme abstrait : Picasso, Pollock, Ernst, Magritte, Dalí, Brancusi. C’est le meilleur musée d’art moderne d’Italie.
La terrasse sur le Grand Canal, avec l’Ange de la Cité de Marino Marini, est l’un des rares endroits de Venise où l’on peut s’asseoir face à l’eau sans consommer. Comptez une heure et demie.
11. Le Cannaregio et le Ghetto
Le Cannaregio est le quartier le plus peuplé de Venise et le plus vivant. Ses trois longs canaux parallèles et ses fondamente bordées de bacari en font le meilleur endroit pour voir des Vénitiens vivre chez eux.
Le Ghetto de Venise, créé en 1516, est le premier d’Europe et a donné son nom à tous les autres : le mot vient de la fonderie, getto, qui occupait le lieu. Ses immeubles montent à sept étages, faute de pouvoir s’étendre.
Cinq synagogues y subsistent, visitables avec le musée juif. La place du Ghetto Nuovo, avec son mémorial de la déportation, est l’un des lieux les plus silencieux de la ville.
12. La Scuola Grande di San Rocco
La Scuola Grande di San Rocco est une confrérie laïque dont le bâtiment a été entièrement décoré par le Tintoret entre 1564 et 1588 : cinquante-six toiles couvrant murs et plafonds, réalisées en vingt-quatre ans par un seul homme.
Le résultat a été comparé à une chapelle Sixtine vénitienne. Des miroirs à main sont prêtés à l’entrée pour regarder les plafonds sans se briser la nuque.
Comptez une heure. Le lieu est à cinq minutes des Frari, dont l’Assomption du Titien mérite le détour dans la foulée.
13. Le Dorsoduro et l’Accademia
Le Dorsoduro est le quartier universitaire de Venise, au sud du Grand Canal : plus calme, plus jeune, avec les meilleures trattorias et les Zattere, longue promenade face à la Giudecca.
Les Gallerie dell’Accademia y conservent la peinture vénitienne du XIVᵉ au XVIIIᵉ siècle : Bellini, Carpaccio, Giorgione, Titien, Véronèse, Tiepolo. L’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci y est conservé mais rarement exposé, pour des raisons de conservation.
Comptez deux heures et demie pour le musée et le quartier. Les Zattere au coucher du soleil, face à l’église du Redentore, sont l’un des meilleurs moments d’un séjour vénitien.
14. Santa Maria della Salute
Santa Maria della Salute a été construite à partir de 1631 comme ex-voto après une peste qui avait tué un tiers des Vénitiens. Sa silhouette octogonale à la pointe du Dorsoduro ferme le Grand Canal et figure sur toutes les vues de Venise.
L’édifice repose sur plus d’un million de pieux de bois enfoncés dans la vase. La sacristie conserve des Titien et les Noces de Cana du Tintoret.
L’entrée dans l’église est gratuite. Chaque 21 novembre, un pont de bateaux est jeté sur le Grand Canal et la ville entière traverse : c’est la fête vénitienne la moins touristique de l’année.
15. Le Squero di San Trovaso
Le Squero di San Trovaso est l’un des derniers chantiers de construction de gondoles encore en activité, installé dans le Dorsoduro depuis le XVIIᵉ siècle. Ses bâtiments en bois, d’allure alpine, tranchent avec l’architecture vénitienne.
On ne le visite pas, mais on l’observe depuis l’autre rive du rio, où les gondoles sont couchées sur le flanc pour l’entretien. Une gondole est faite de huit essences de bois différentes et n’est pas symétrique : son flanc gauche est plus large pour compenser le poids du gondolier.
Comptez vingt minutes. C’est gratuit, rarement fréquenté, et cela en dit plus sur Venise que bien des musées.
Combien de jours pour visiter Venise ?
Deux jours suffisent pour la ville, trois avec les îles de la lagune, quatre pour respirer. Venise est petite : on la traverse à pied en une heure, mais elle épuise par sa densité et sa foule.
En 1 jour : Saint-Marc, le palais des Doges, le Rialto et le Grand Canal en vaporetto. C’est ce que font les excursionnistes, et c’est la pire façon de voir Venise.
En 2 jours : ajoutez le Dorsoduro et l’Accademia, la Scuola San Rocco, et surtout une soirée : la ville sans les groupes est une autre ville.
En 3 jours : une journée entière dans la lagune, Murano, Burano et Torcello enchaînés par le vaporetto.
En 4 jours : le Cannaregio et le Ghetto, la Giudecca, et le temps de se perdre volontairement : ce qui est la meilleure façon de visiter Venise.
Au-delà, mieux vaut sortir de la lagune : Padoue est à trente minutes de train, Vérone à une heure. Notre guide sur que faire à Vérone explique comment y caser une journée sur la route de Milan.
Où dormir à Venise ? Les meilleurs quartiers
Le bon choix par défautCannaregio
le meilleur choix par défaut. Vivant, habité, proche de la gare, avec les meilleurs bacari et des tarifs plus raisonnables que San Marco. À vingt minutes à pied de Saint-Marc.
RomantiqueDorsoduro
le charme calme du quartier universitaire, face à la Giudecca, avec l’Accademia et la Salute. Bon compromis entre situation et tranquillité, idéal pour un séjour romantique.
Bon plan famillesCastello
résidentiel et le moins touristique des six sestieri, avec des chambres plus grandes et des prix plus doux. Bon plan familles et longs séjours.
Où manger à Venise ?
Venise a la réputation de mal manger cher, et elle est en partie méritée : une ville où presque tous les clients ne reviennent jamais n’a aucune raison de bien faire.
La parade est le bacaro, bar à vin où l’on mange des cicchetti debout au comptoir pour quelques euros pièce : morue montée, sarde in saor, poulpe, artichauts. Le Cannaregio et les abords du Rialto en concentrent les meilleurs.
Fuyez les menus touristiques affichés en plusieurs langues avec photos, les terrasses de la place Saint-Marc et tout ce qui se trouve sur le chemin direct entre la gare et le Rialto. Deux ruelles de côté suffisent à changer de monde.
Le poisson est la spécialité, et le prix se justifie quand il est frais. Un risotto de fruits de mer ou des seiches à l’encre dans un restaurant du Dorsoduro donnent une idée juste de la cuisine vénitienne.
Quand partir à Venise ?
Avril-mai et septembre-octobre offrent le meilleur climat, mais ce sont aussi les mois les plus saturés. À Venise, la question de la période se pose autrement qu’ailleurs : c’est l’affluence, pas la météo, qui décide de la qualité du séjour.
Novembre à février est la meilleure période pour qui veut voir la ville : hôtels 40 à 50 % moins chers, ruelles praticables, brouillard sur la lagune. Le froid est humide mais rarement mordant.
L’acqua alta touche surtout novembre et décembre. Les épisodes durent quelques heures autour de la marée haute, des passerelles sont installées, et la ville continue de fonctionner. Le système Mose protège désormais des marées les plus fortes.
À éviter si vous cherchez le calme : le carnaval en février, l’Ascension, et les mois de juillet et août où la chaleur s’ajoute à la foule et où les canaux sentent.
Venise en famille, sous la pluie ou à petit budget
En famille : le vaporetto est un manège en soi, la montée au campanile se fait en ascenseur, et les îles de la lagune coupent la journée. Le musée d’histoire naturelle, dans un palais du Grand Canal, est conçu pour les enfants.
Sous la pluie : la basilique Saint-Marc, le palais des Doges, l’Accademia, la Scuola San Rocco et la collection Guggenheim occupent une journée entière au sec. Les passages couverts sont rares : prenez un imperméable plutôt qu’un parapluie, les ruelles sont trop étroites.
À petit budget : l’essentiel de Venise est gratuit. Le Grand Canal en vaporetto coûte le prix d’un ticket, les campi, les églises principales, les Zattere, le Squero di San Trovaso et le Ghetto ne coûtent rien. La gondole à 90 € pour trente minutes est le seul poste vraiment discutable.
Infos pratiques pour visiter Venise
Y aller. L’aéroport Marco Polo est à 12 km, relié par bus en 20 minutes jusqu’à Piazzale Roma, ou par bateau-navette Alilaguna directement vers Saint-Marc en une heure. En train, Venise est à 2 h de Florence, 2 h 30 de Milan et 3 h 45 de Rome. Descendez à Santa Lucia, pas à Mestre.
Se déplacer. À pied et en vaporetto, il n’y a pas d’autre option. Le billet à l’unité est cher pour un seul trajet : les forfaits 24, 48 ou 72 heures deviennent rentables dès trois trajets par jour. Les traghetti, gondoles de service qui traversent le Grand Canal, coûtent quelques euros et évitent de longs détours.
Combien de jours. Deux jours pour la ville, trois avec les îles de la lagune, quatre pour prendre le temps de s’y perdre.
Meilleure période. Avril-mai et septembre-octobre pour le climat. Juillet et août sont chauds, humides et très fréquentés ; novembre à février offrent une ville plus calme, avec le risque d’acqua alta.
Budget. Comptez 30 à 45 € par jour et par personne pour les entrées et les vaporetti, et 20 à 35 € pour un repas. Venise est la ville la plus chère d’Italie pour l’hébergement, avec des écarts du simple au triple selon la saison.