Les incontournables de Naples en un coup d’œil
Voici les 15 incontournables de Naples avec durée, prix et réservation : le détail de chaque lieu suit juste après.
* Prix indicatifs, donnés comme ordres de grandeur : vérifiez le tarif exact sur le site officiel du monument avant de réserver.
1. Le centre historique et Spaccanapoli
Spaccanapoli est la longue rue rectiligne qui coupe le centre historique de Naples en deux : son nom signifie littéralement « fend-Naples ». Elle suit le tracé d’une voie grecque du Vᵉ siècle avant J.-C., et le quartier qu’elle traverse est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1995.
C’est le cœur de la ville et le meilleur endroit pour comprendre Naples : des immeubles de six étages qui ne laissent passer qu’un filet de lumière, du linge tendu entre les façades, des ateliers de santons via San Gregorio Armeno, et une densité de population parmi les plus fortes d’Europe.
Comptez trois heures pour le parcourir sans entrer nulle part, une journée si vous vous arrêtez dans les églises. Le quartier se visite à toute heure, mais c’est le matin, quand les commerces ouvrent et que les livraisons se font à scooter, qu’il donne sa pleine mesure.
Astuce terrain : la Via dei Tribunali, parallèle à Spaccanapoli, concentre les meilleures pizzerias historiques et se traverse plus facilement. Les deux rues se rejoignent à plusieurs endroits.
2. La chapelle Sansevero et le Christ voilé
La chapelle Sansevero abrite le Christ voilé de Giuseppe Sanmartino, sculpté en 1753 dans un seul bloc de marbre. Le voile qui recouvre le corps est d’une finesse telle qu’une légende persistante voulait qu’il s’agisse d’un tissu réel pétrifié : il est bien sculpté.
La chapelle entière est une commande du prince de Sansevero, alchimiste et franc-maçon, et son programme décoratif tient de l’énigme autant que de l’art sacré. Les « machines anatomiques » conservées dans la crypte, deux squelettes au système circulatoire intact, ajoutent au trouble.
La visite dure quarante-cinq minutes et la réservation en ligne est obligatoire : la chapelle est petite et limite le nombre de visiteurs. Les photographies y sont interdites.
3. Naples souterraine, la ville sous la ville
Naples repose sur un réseau de galeries creusé dans le tuf depuis l’époque grecque : carrières d’abord, citernes de l’aqueduc romain ensuite, abris antiaériens pendant la Seconde Guerre mondiale. Quarante mètres sous le centre historique, on parcourt aujourd’hui une partie de ce réseau avec un guide.
Le parcours comprend un passage étroit à traverser à la bougie, un théâtre gréco-romain enseveli auquel on accède par la cour d’un immeuble d’habitation, et des citernes où subsistent les graffitis des familles réfugiées en 1943.
La visite dure une heure trente, guidée obligatoirement. Il fait 15 °C en permanence : prévoyez une veste même en août. Le passage étroit est contournable, mais déconseillé en cas de claustrophobie.
4. Le musée archéologique national
Le musée archéologique national de Naples, le MANN, conserve la plus importante collection d’antiquités romaines au monde : l’essentiel de ce qui a été extrait de Pompéi et d’Herculanum s’y trouve, et non sur les sites eux-mêmes.
C’est ce qui en fait une visite indispensable, et de préférence avant Pompéi : les mosaïques, les fresques, les objets du quotidien et la statuaire ont été déplacés ici pour les protéger. Voir Pompéi sans être passé au MANN, c’est visiter des murs vidés de leur contenu.
Le Cabinet secret, qui rassemble les objets érotiques romains longtemps jugés inmontrables, se visite librement aujourd’hui. La collection Farnèse, au rez-de-chaussée, aligne des colosses antiques dont le Taureau Farnèse, la plus grande sculpture antique conservée.
Comptez deux à trois heures, davantage si l’archéologie vous intéresse vraiment. Le musée est fermé le mardi.
5. Le Duomo et le trésor de San Gennaro
La cathédrale de Naples abrite les reliques de San Gennaro, patron de la ville, dont le sang conservé dans deux ampoules est censé se liquéfier trois fois par an. Le phénomène attire des foules considérables, et son absence est vécue comme un mauvais présage.
L’entrée de la cathédrale est gratuite. La chapelle du trésor, payante, conserve un ensemble d’orfèvrerie qui dépasse en valeur les joyaux de la Couronne britannique : un fait que les Napolitains rappellent volontiers.
Le baptistère San Giovanni in Fonte, adossé à la cathédrale, est le plus ancien d’Occident : ses mosaïques datent du IVᵉ siècle.
6. Le palais royal et la place du Plébiscite
La place du Plébiscite est la grande place de Naples, fermée d’un côté par la basilique San Francesco di Paola et de l’autre par le palais royal, résidence des Bourbons de Naples à partir du XVIIᵉ siècle.
L’escalier d’honneur et les appartements royaux se visitent, ainsi que le théâtre San Carlo attenant : le plus ancien opéra d’Europe encore en activité, inauguré en 1737, quarante ans avant la Scala de Milan.
La place elle-même est vide et minérale, ce qui surprend après la densité du centre historique. Le café Gambrinus, à son angle, sert le café depuis 1860 et reste le meilleur endroit de la ville pour un espresso au comptoir.
7. La galerie Umberto Ier
La galerie Umberto Ier est un passage couvert en croix, achevé en 1890 sur le modèle de la galerie Vittorio Emanuele de Milan, avec une verrière et une coupole de 57 mètres de haut.
Elle se traverse en vingt minutes et se trouve juste en face du théâtre San Carlo. La mosaïque du sol représente les signes du zodiaque et les quatre vents.
C’est aussi un abri commode : la verrière rend la galerie praticable les jours de pluie, fréquents à Naples en automne.
8. Le Castel dell’Ovo et Borgo Marinari
Le Castel dell’Ovo est la plus ancienne forteresse de Naples, bâtie sur l’îlot de Megaride où fut fondée la cité grecque de Parthénope. Son nom : château de l’Œuf : vient d’une légende selon laquelle Virgile y aurait caché un œuf magique soutenant l’édifice.
L’accès aux terrasses est gratuit et offre une vue frontale sur le golfe, le Vésuve et la ville étagée. C’est le meilleur point de vue accessible sans effort de Naples.
Le Borgo Marinari, le petit port au pied du château, aligne des restaurants de poisson avec vue. Les prix y sont élevés et la qualité inégale : mieux vaut y prendre un verre au coucher du soleil et dîner ailleurs.
9. Le Castel Nuovo
Le Castel Nuovo, que les Napolitains appellent Maschio Angioino, est la forteresse à cinq tours qui domine le port. Construit en 1279 pour Charles Iᵉʳ d’Anjou, il a été remanié par les Aragonais au XVᵉ siècle.
L’arc de triomphe en marbre blanc encastré entre deux tours de basalte sombre est l’un des premiers monuments de la Renaissance dans le sud de l’Italie. La salle des Barons, à la voûte en étoile de 26 mètres, se visite.
Comptez une heure. Le château est le premier monument qu’on voit en arrivant par la mer, et il marque la frontière entre le port et le centre administratif.
10. La chartreuse de San Martino et le Castel Sant’Elmo
La chartreuse de San Martino est un monastère du XIVᵉ siècle perché sur la colline du Vomero, transformé en musée. Son cloître, son église baroque et sa collection de crèches napolitaines en font l’un des plus beaux ensembles de la ville.
Le Castel Sant’Elmo, forteresse voisine en forme d’étoile à six branches, offre depuis sa terrasse la vue la plus complète sur Naples : la baie, le Vésuve, les îles et l’ensemble du centre historique d’un seul regard.
On y monte par le funiculaire depuis le centre, en quelques minutes. Comptez deux heures pour les deux sites, et venez en fin d’après-midi pour la lumière.
11. Les quartiers espagnols
Les quartiers espagnols forment une grille de ruelles étroites bâtie au XVIᵉ siècle pour loger les garnisons espagnoles. Longtemps réputés infréquentables, ils sont devenus l’un des quartiers les plus animés de Naples, sans perdre leur caractère populaire.
La fresque murale de Maradona, dans une cour de la via Emanuele De Deo, est devenue un lieu de pèlerinage depuis 2020. Le quartier vit dehors : on y mange debout, on y discute d’un balcon à l’autre.
La prudence normale d’une grande ville suffit : tenez votre téléphone, évitez les ruelles désertes tard le soir. Le quartier est fréquenté et vivant, ce qui est en soi la meilleure sécurité.
12. Le Vomero et les funiculaires
Le Vomero est le quartier résidentiel perché au-dessus du centre, auquel on accède par trois funiculaires en service depuis la fin du XIXᵉ siècle. Le trajet coûte le prix d’un ticket de transport ordinaire.
C’est le Naples bourgeois : rues larges, commerces, air respirable, et une vue permanente sur la baie. La via Scarlatti et ses environs offrent une pause bienvenue quand le centre historique devient étouffant.
Le funiculaire de Chiaia et celui de Montesanto donnent les meilleurs points de départ. Prendre l’un à l’aller et l’autre au retour permet de traverser deux quartiers différents.
13. Le Lungomare et Mergellina
Le Lungomare Caracciolo est la promenade en front de mer, fermée à la circulation sur près de trois kilomètres entre le Castel dell’Ovo et Mergellina. C’est là que Naples se promène le soir et le dimanche.
La vue sur le Vésuve y est frontale et permanente. La villa Comunale, le parc qui longe la promenade, abrite la plus ancienne station zoologique d’Europe, fondée en 1872.
Mergellina, au bout, est un port de pêche devenu quartier de sortie, avec les meilleurs glaciers de la ville. C’est aussi d’ici que partent les hydroglisseurs pour Capri, Ischia et Procida.
14. Pompéi, la ville figée par le Vésuve
Pompéi est une cité romaine de 66 hectares ensevelie sous les cendres lors de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C., et dégagée à partir du XVIIIᵉ siècle. C’est le site archéologique le plus visité d’Italie après le Colisée.
Comptez trois à quatre heures pour l’essentiel : le forum, les thermes, la maison du Faune, la villa des Mystères et ses fresques, l’amphithéâtre. Une journée entière pour tout voir, ce que peu de visiteurs font.
Le site est immense, sans ombre, et les pavés antiques sont éprouvants. Prévoyez de l’eau, un chapeau et de vraies chaussures. Évitez juillet et août en milieu de journée.
Herculanum, à quinze minutes de Pompéi, est plus petite mais bien mieux conservée : les étages, les charpentes et les boiseries y ont survécu. Beaucoup de visiteurs la préfèrent.
15. Le Vésuve
Le Vésuve est le seul volcan actif d’Europe continentale, à 1 281 mètres d’altitude et à moins de vingt kilomètres de Naples. Sa dernière éruption date de 1944; il est surveillé en permanence.
L’ascension part d’un parking à 1 000 mètres et prend une trentaine de minutes de marche sur un sentier de cendres, en pente régulière. On parcourt ensuite une partie du bord du cratère, avec vue sur le golfe entier par temps clair.
La réservation d’un créneau est obligatoire, et le sentier ferme en cas de mauvais temps, vérifiez la veille. Le sol est instable : des chaussures fermées sont indispensables, les sandales sont refusées.
Combien de jours pour visiter Naples ?
Deux jours suffisent pour le centre historique et les grands musées, trois pour y ajouter Pompéi, quatre à cinq pour le Vésuve, Herculanum et une île. Naples est une ville dense : elle fatigue plus vite qu’elle ne s’épuise.
En 1 jour : Spaccanapoli, la chapelle Sansevero, Naples souterraine, le Duomo et une pizzeria de la Via dei Tribunali.
En 2 jours : ajoutez le musée archéologique en matinée, puis le Vomero et San Martino pour la vue en fin d’après-midi.
En 3 jours : Pompéi occupe une demi-journée à une journée entière, trains compris. C’est la durée que la plupart des visiteurs choisissent.
En 5 jours : le Vésuve, Herculanum, et une journée à Capri, Procida ou sur la côte amalfitaine. Naples devient alors une base plutôt qu’une destination.
Que faire autour de Naples ?
Naples est la meilleure base du sud de l’Italie : tout se rejoint en moins de deux heures, et souvent sans voiture.
Pompéi et Herculanum se rejoignent par le Circumvesuviana, le train régional qui part de la gare de Naples : comptez 35 minutes pour Pompéi, 20 pour Herculanum, pour quelques euros. Le train est vétuste et bondé aux heures de pointe, mais c’est le moyen le plus simple et le plus rapide.
Capri, Ischia et Procida sont desservies par hydroglisseur depuis Mergellina ou le Molo Beverello, en 40 à 60 minutes. Procida, la plus petite et la moins courue, est celle qui a le plus gardé son caractère.
La côte amalfitaine commence à Sorrente, à une heure de train. Positano et Amalfi se rejoignent ensuite en bus ou en bateau : préférez le bateau en été, la route est saturée.
Le Palais royal de Caserte, à 40 minutes de train, est le plus grand palais d’Europe par le volume, avec un parc de trois kilomètres de long.
Plus loin, Naples est le point de départ naturel vers le grand Sud : les ferries de nuit rejoignent la Sicile, et notre guide pour visiter Palerme montre à quel point les deux villes se ressemblent et diffèrent. Vers l’est, que faire dans les Pouilles couvre l’autre grande destination du Sud, accessible en train depuis Naples.
Où dormir à Naples ? Les meilleurs quartiers
Le bon choix par défautCentro Storico
le meilleur choix par défaut. On dort au milieu de ce qu’on vient voir, dans un quartier vivant à toute heure. En contrepartie, c’est bruyant, les immeubles sont anciens et les chambres souvent petites.
RomantiqueChiaia
plus calme et plus élégant, entre le front de mer et la villa Comunale, avec les boutiques et les bons restaurants. À vingt minutes à pied du centre historique. Bon compromis pour un séjour romantique ou un premier voyage.
Bon plan famillesVomero
résidentiel, aéré, avec des prix plus doux et une vue sur la baie. Le funiculaire descend au centre en cinq minutes. Bon plan familles et longs séjours.
Où manger à Naples ? La pizza et le reste
La pizza napolitaine est née ici et reste le plat qui définit la ville. La margherita et la marinara sont les deux références historiques; une vraie pizza napolitaine cuit moins de quatre-vingt-dix secondes dans un four à bois, et sa pâte reste souple, pas croustillante.
Les pizzerias historiques du centre (Da Michele, Sorbillo, Di Matteo) affichent des files d’attente. Elles sont bonnes, mais pas meilleures que des dizaines d’adresses de quartier sans queue. La règle napolitaine est simple : une pizzeria pleine de Napolitains à 13 h vaut mieux qu’une pizzeria pleine de touristes à 19 h.
Au-delà de la pizza : le ragù napolitain, la pasta e patate, la friture de rue vendue au cornet, la sfogliatella et le babà pour le sucré. Le café napolitain se boit court, serré et très sucré, debout au comptoir.
Quand partir à Naples ?
Avril à juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes : 20 à 27 °C, mer encore ou déjà baignable, sites archéologiques praticables.
Juillet et août sont difficiles pour Pompéi et le Vésuve, sans ombre et souvent au-delà de 33 °C. La ville se vide en août, ce qui ferme beaucoup de restaurants de quartier.
L’hiver est doux, rarement en dessous de 10 °C, et c’est la meilleure saison pour les musées et le centre historique. Décembre est spectaculaire avec les crèches de San Gregorio Armeno, mais la rue devient impraticable les week-ends.
Naples est-elle dangereuse ? Ce qu’il faut savoir
C’est la question que tout le monde se pose et que peu de guides traitent. Naples a mauvaise réputation, en partie pour des raisons historiques, en partie parce que la ville ne cherche pas à se rendre aimable au premier regard.
Dans les faits, les quartiers touristiques : centre historique, Chiaia, Vomero, front de mer : se parcourent sans problème particulier, y compris le soir. Le risque réel est le vol à l’arraché, pas l’agression : téléphone rangé, sac devant soi, pas de bijoux voyants.
La circulation est en revanche un vrai sujet. Les scooters remontent les sens interdits et les passages piétons sont indicatifs : traversez d’un pas décidé et prévisible, c’est ce que font les Napolitains.
Quant à la saleté, elle est réelle par endroits et fait partie du tableau. Naples n’est pas Florence : c’est une ville de vie, dense et bruyante, qui plaît pour cette raison ou déplaît pour la même.
Infos pratiques pour visiter Naples
Y aller. L’aéroport de Capodichino est à 7 km du centre, relié par la navette Alibus en 20 minutes. En train, Naples est à 1 h 10 de Rome et 4 h 30 de Milan par les lignes à grande vitesse.
Se déplacer. Le centre se parcourt à pied. Trois funiculaires montent au Vomero, et la ligne 1 du métro dessert le centre avec des stations décorées par des artistes contemporains : Toledo est régulièrement citée parmi les plus belles d’Europe. Le Circumvesuviana relie Pompéi, Herculanum et Sorrente. Ne louez pas de voiture pour la ville.
Combien de jours. Deux jours pour la ville, trois avec Pompéi, cinq pour y ajouter le Vésuve, Herculanum et une île.
Meilleure période. Avril à juin et septembre-octobre, entre 20 et 27 °C, pour les sites archéologiques. Juillet et août pour la mer, Capri et Ischia, avec une chaleur forte en ville.
Budget. Comptez 20 à 30 € par jour et par personne pour les entrées, et 10 à 18 € pour un repas : Naples est nettement moins chère que Rome ou Florence. Une pizza dans une bonne adresse coûte entre 5 et 9 €.