Les incontournables de Turin en un coup d’œil
Voici les 15 incontournables de Turin avec durée, prix et réservation. Le détail de chaque lieu suit juste après.
* Prix indicatifs, donnés comme ordres de grandeur : vérifiez le tarif exact sur le site officiel du monument avant de réserver.
1. Le musée égyptien, le deuxième au monde
Le Museo Egizio de Turin conserve la deuxième collection d’antiquités égyptiennes au monde après celle du Caire, avec plus de trente mille pièces. Il est aussi le plus ancien musée consacré à l’Égypte ancienne, fondé en 1824 à partir de la collection des rois de Sardaigne.
Le parcours suit un ordre chronologique sur quatre niveaux. Deux ensembles justifient à eux seuls la visite : la tombe intacte de l’architecte Kha et de son épouse Merit, découverte en 1906 avec l’intégralité de son mobilier, et la galerie des sarcophages.
Comptez trois heures pour l’essentiel, une demi-journée si l’égyptologie vous intéresse. La réservation d’un créneau évite l’attente, forte le week-end et pendant les vacances scolaires italiennes.
Astuce terrain : commencez par le dernier étage et redescendez. Le flux des visiteurs monte, vous le prendrez à contresens et les salles seront plus calmes.
2. La Mole Antonelliana et le musée du cinéma
La Mole Antonelliana est le monument emblématique de Turin, haut de 167 mètres, commencé en 1863 comme synagogue et achevé en 1889 après de multiples déboires structurels. Sa silhouette figure sur les pièces italiennes de deux centimes.
Elle abrite le Musée national du cinéma, installé en spirale autour du vide central : on monte en découvrant l’histoire du cinéma, allongé dans des transats face à des écrans. C’est l’un des musées les plus originaux d’Italie, et il ne ressemble à aucun autre.
Un ascenseur panoramique traverse le vide jusqu’à la terrasse, à 85 mètres, avec une vue sur la ville et les Alpes par temps clair. Il se paie séparément du musée, et les deux se combinent en un billet unique.
Comptez deux heures pour l’ensemble. L’ascenseur est vitré de toutes parts : à éviter en cas de vertige.
3. Le Palais royal et la Galerie sabaude
Le Palais royal de Turin a été la résidence de la maison de Savoie de 1646 jusqu’à l’unification italienne. Il forme aujourd’hui, avec la Galerie sabaude, l’Armurerie royale et le Palazzo Chiablese, un ensemble muséal classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
Les appartements royaux enfilent les salles d’apparat, et l’Armurerie conserve l’une des plus importantes collections d’armes anciennes d’Europe. La Galerie sabaude expose la peinture flamande et piémontaise réunie par les ducs.
L’escalier des Ciseaux, œuvre de Filippo Juvarra, est un prodige technique de 1720 : deux volées se croisent sans appui central visible.
Comptez deux heures trente pour le tout, le billet étant unique. Le musée est fermé le lundi.
4. La place San Carlo et les cafés historiques
La place San Carlo est le salon de Turin : un rectangle baroque fermé par deux églises jumelles, entièrement bordé d’arcades. Les Turinois l’appellent le salotto, et l’expression dit bien l’usage qu’ils en font.
Elle concentre les cafés historiques de la ville, dont certains ouverts au XVIIIᵉ siècle. C’est ici qu’a été inventé le bicerin, boisson chaude en trois couches (café, chocolat, crème) qui se boit dans un verre pour qu’on les distingue.
Turin est aussi la ville où le vermouth a été créé en 1786, et où l’apéritif italien est né. Les cafés servent encore, en fin d’après-midi, un assortiment de bouchées avec la consommation.
Comptez une heure pour la place et un café au comptoir. Assis en terrasse, le même café coûte trois fois plus cher : comme partout en Italie.
5. Le Palazzo Madama
Le Palazzo Madama, au milieu de la place Castello, résume deux mille ans d’histoire en un seul bâtiment : porte romaine à l’arrière, château médiéval au centre, façade baroque de Juvarra sur le devant. On en fait le tour en lisant les époques.
Il abrite le Musée d’art ancien, dont le Portrait d’homme d’Antonello de Messine, l’une des œuvres majeures de la Renaissance italienne.
La montée à la tour panoramique donne une vue rapprochée sur la place Castello et le Palais royal. Comptez une heure et demie pour l’ensemble.
6. La cathédrale et le Saint Suaire
La cathédrale San Giovanni Battista, seule église Renaissance de Turin, conserve le Saint Suaire dans la chapelle royale attenante. Le linceul lui-même n’est presque jamais exposé : la dernière ostension publique remonte à 2015.
Une reproduction grandeur nature et une exposition permanente expliquent l’objet, son histoire et les analyses dont il a fait l’objet. L’entrée dans la cathédrale est gratuite.
La chapelle du Saint Suaire, chef-d’œuvre baroque de Guarino Guarini ravagé par un incendie en 1997, a rouvert en 2018 après vingt ans de restauration. Sa coupole en escalier de pierre est l’un des sommets de l’architecture baroque européenne.
7. Le quadrilatère romain et Porta Palazzo
Le quadrilatère romain est le noyau antique de Turin, dont le plan en damier remonte au camp militaire d’Auguste. Ses ruelles étroites concentrent aujourd’hui les bars, les librairies et les ateliers.
Porta Palazzo, à sa limite nord, est le plus grand marché de plein air d’Europe : plus de huit cents étals, du lundi au samedi matin. C’est le Turin populaire et cosmopolite, très loin des arcades royales.
Le Balôn, marché aux puces du samedi, s’installe juste à côté. Comptez deux heures pour le quartier et le marché, de préférence en matinée quand tout est ouvert.
8. Le parc du Valentino et le bourg médiéval
Le parc du Valentino longe le Pô sur cinquante hectares, au cœur de la ville. C’est le poumon de Turin et le lieu où elle se promène le dimanche.
Il abrite le Borgo Medievale, une reconstitution de village piémontais du XVᵉ siècle bâtie pour l’Exposition universelle de 1884 et conservée depuis. L’accès au bourg est gratuit, seule la forteresse est payante.
Le château du Valentino, ancienne résidence de Savoie devenue faculté d’architecture, ferme le parc au nord. Comptez deux heures pour l’ensemble.
9. La basilique de Superga
La basilique de Superga domine Turin depuis une colline à 670 mètres, sur l’autre rive du Pô. Construite par Juvarra entre 1717 et 1731, elle abrite les tombes royales de la maison de Savoie.
On y monte par un tramway à crémaillère en service depuis 1884, au départ de Sassi. Le trajet dure une vingtaine de minutes à travers la forêt, et fait partie de l’expérience.
La vue sur Turin et l’arc alpin, du Mont-Blanc au Mont-Viso, est la plus complète de la région. Une plaque rappelle la catastrophe aérienne de 1949 qui décima l’équipe de football du Torino contre le flanc de la colline.
Comptez deux heures trente avec le trajet. Le tramway ne circule pas tous les jours : vérifiez avant de partir.
10. Le Musée national de l’automobile
Turin est la ville de Fiat, et son musée de l’automobile est l’un des trois plus importants au monde. Deux cents véhicules retracent l’histoire du transport individuel depuis 1769, dans un bâtiment réaménagé en 2011.
Le parcours dépasse la collection de voitures : il traite du design industriel, de la chaîne de montage et de la place de l’automobile dans la société du XXᵉ siècle. Il intéresse aussi ceux que les moteurs laissent froids.
Comptez deux heures. Le musée est au sud de la ville, à quinze minutes de métro du centre.
11. La Venaria Reale
La Venaria Reale est une résidence de chasse des Savoie construite au XVIIᵉ siècle, abandonnée puis restaurée pendant huit ans pour rouvrir en 2007. C’est l’un des plus grands chantiers de restauration jamais menés en Europe.
La Grande Galerie de Juvarra, longue de quatre-vingts mètres et entièrement blanche, est l’espace le plus spectaculaire. Les jardins couvrent soixante hectares et se parcourent librement ou en petit train.
Comptez une demi-journée avec le trajet : la Venaria est à une dizaine de kilomètres du centre, desservie par bus. Réservez en haute saison : c’est le site le plus visité du Piémont.
12. Le Lingotto et sa piste sur le toit
Le Lingotto était l’usine Fiat historique, construite en 1923 avec une particularité unique : une piste d’essai sur le toit, où les voitures sortaient des chaînes pour être testées à cinq étages de hauteur.
Le bâtiment a été reconverti par Renzo Piano en centre commercial, hôtel et salle de concert. La piste est conservée et accessible, avec ses virages relevés : c’est l’un des lieux les plus photogéniques de Turin.
La Pinacoteca Agnelli, posée dans une bulle de verre sur le toit, expose la collection privée de la famille Agnelli : Matisse, Picasso, Canaletto. Comptez une heure et demie pour l’ensemble.
13. Le musée d’art oriental et Vanchiglia
Le MAO occupe le Palazzo Mazzonis et présente les arts d’Asie du Sud, de Chine, du Japon et des pays islamiques dans cinq galeries distinctes. C’est l’un des musées d’art asiatique les plus cohérents d’Italie, et l’un des moins fréquentés de Turin.
Le quartier de Vanchiglia, autour, est celui des étudiants et des bars indépendants. Il donne une idée du Turin qui vit, loin des arcades royales.
Comptez deux heures pour le musée et une promenade dans le quartier.
14. Eataly et la table turinoise
Le premier Eataly au monde a ouvert à Turin en 2007, dans une ancienne usine de vermouth Carpano. Le concept : marché, restaurants et ateliers réunis : est né ici avant d’essaimer sur trois continents.
Turin est le berceau du mouvement Slow Food, fondé dans le Piémont en 1986, et cela se sent : la ville prend la nourriture au sérieux sans en faire un spectacle.
Côté spécialités : agnolotti del plin, vitello tonnato, bagna cauda l’hiver, et le gianduiotto : chocolat à la noisette inventé à Turin quand le blocus napoléonien a raréfié le cacao. Comptez une heure et demie sur place.
15. Le Monte dei Cappuccini
Le Monte dei Cappuccini est une colline à quelques minutes du centre, surmontée d’une église et d’un couvent du XVIᵉ siècle. Son esplanade offre la vue la plus rapprochée sur Turin.
Contrairement à Superga, on y monte à pied en une quinzaine de minutes depuis le pont Vittorio Emanuele I. La montée est raide mais courte.
C’est l’endroit d’où l’on comprend la ville : le damier romain, la Mole qui dépasse, le Pô, et les Alpes en fond. Venez en fin de journée, quand la lumière prend le versant.
Combien de jours pour visiter Turin ?
Deux jours suffisent pour l’essentiel, trois pour visiter sans courir, quatre à cinq en ajoutant les résidences de Savoie et une excursion. Turin est compacte : son centre se traverse à pied en trente minutes.
En 1 jour : le musée égyptien, la Mole, la place San Carlo et un bicerin dans un café historique.
En 2 jours : ajoutez le Palais royal, le Palazzo Madama et le quadrilatère romain avec le marché de Porta Palazzo en matinée.
En 3 jours : Superga par le tramway à crémaillère, le parc du Valentino et le Lingotto. C’est la durée qui donne le meilleur équilibre.
En 5 jours : la Venaria Reale sur une demi-journée, le Musée de l’automobile, et une sortie dans les Langhe ou vers les vallées alpines.
Que faire autour de Turin ?
Le Piémont se prête aux excursions à la journée, en train comme en voiture.
Les Langhe et le Monferrato, classés à l’Unesco, sont le pays du Barolo et de la truffe blanche d’Alba. Comptez une heure de route et une journée entière : c’est le paysage viticole le plus spectaculaire d’Italie du Nord.
La Sacra di San Michele, abbaye accrochée à un éperon rocheux à 962 mètres, a inspiré Umberto Eco pour Le Nom de la rose. Une heure de route, et une montée à pied depuis le parking.
Les résidences de Savoie forment une couronne autour de la ville : Stupinigi, Rivoli, Racconigi. Chacune se fait en une demi-journée.
Milan est à une heure de train à grande vitesse, Gênes et la mer à une heure quarante.
Où dormir à Turin ? Les meilleurs quartiers
Le bon choix par défautCentro
le meilleur choix par défaut, entre la place Castello et la place San Carlo. Tout est sous les arcades, à moins de dix minutes. Les tarifs restent raisonnables pour une grande ville italienne.
Vie nocturneQuadrilatero Romano
le charme des ruelles et la vie nocturne à la porte, avec des prix plus doux. Bruyant le week-end, ce qui est le revers de son animation.
Bon plan famillesSan Salvario
résidentiel et cosmopolite, entre la gare de Porta Nuova et le parc du Valentino, avec les meilleurs restaurants de quartier. Bon plan familles et longs séjours.
Où manger à Turin ?
La cuisine piémontaise est riche et hivernale : agnolotti del plin, vitello tonnato, brasato al Barolo, bagna cauda : une fondue d’anchois et d’ail où l’on trempe des légumes crus, à partager.
L’apéritif est né ici, et il se pratique sérieusement : entre 18 h et 21 h, le prix d’un verre donne accès à un buffet. Le Quadrilatero et San Salvario en concentrent les meilleures adresses, pour 8 à 12 €.
Les cafés historiques valent l’exception tarifaire pour un bicerin ou un vermouth. Partout ailleurs, la règle italienne s’applique : au comptoir, tout coûte trois fois moins cher qu’assis.
Quand partir à Turin ?
Avril à juin et septembre-octobre offrent le meilleur climat : 18 à 26 °C, air clair, Alpes visibles depuis la ville.
L’été est chaud et lourd, Turin est dans la plaine du Pô, mais moins écrasant que Milan grâce à la proximité des montagnes. La ville se vide en août.
L’automne est la saison du Piémont : truffe blanche d’Alba en octobre et novembre, vendanges dans les Langhe, brouillard photogénique sur les collines. C’est aussi le meilleur moment pour la table.
L’hiver est froid et brumeux, mais Turin est la seule grande ville italienne où l’on peut skier dans la journée : les stations olympiques de 2006 sont à une heure de route.
Infos pratiques pour visiter Turin
Y aller. L’aéroport de Turin-Caselle est à 16 km, relié au centre par train et par bus en une trentaine de minutes. En train, Turin est à 1 heure de Milan, 3 heures de Florence et 4 heures de Rome par les lignes à grande vitesse. Depuis Paris, comptez environ 5 h 30 avec un changement.
Se déplacer. Le centre se parcourt entièrement à pied, et les arcades permettent de le faire à couvert. Une ligne de métro automatique traverse la ville, complétée par un réseau de trams dense. Le tramway à crémaillère de Superga et les funiculaires relèvent du même titre de transport.
Combien de jours. Deux jours pour l’essentiel, trois pour visiter sans courir, cinq en ajoutant les résidences de Savoie et les Langhe.
Meilleure période. Avril à juin et septembre-octobre, entre 18 et 26 °C, avec l’air clair et les Alpes visibles depuis la ville. L’hiver est froid mais lumineux, et les musées sont au chaud.
Budget. Comptez 20 à 35 € par jour et par personne pour les musées, et 12 à 22 € pour un repas. Turin est nettement moins chère que Milan, Florence ou Venise, pour un patrimoine comparable.