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Le Christ voilé
Sanmartino l’achève en 1753, à trente-trois ans. Le Christ est allongé sur un matelas, recouvert d’un suaire qui épouse le corps et laisse tout voir.
Le voile est si mince qu’une légende tenace veut qu’il ait été obtenu chimiquement, par cristallisation d’un tissu réel. La sculpture est bien taillée dans un seul bloc de marbre : les examens l’ont confirmé.
Les instruments de la Passion sont posés au pied, sous le voile, ce qui accentue l’illusion de transparence.
Placez-vous à la tête puis aux pieds : le drapé change complètement selon l’angle, et les veines des mains n’apparaissent que d’un côté.
Canova aurait dit qu’il aurait donné dix ans de sa vie pour être l’auteur d’une telle œuvre.
Les deux autres sculptures
La Pudeur, de Corradini, est une femme entièrement voilée, drapée d’un tissu de marbre transparent. Elle représente la mère du prince commanditaire.
Le Désabusement, de Queirolo, montre un homme se dégageant d’un filet de pierre sculpté maille par maille, l’un des tours de force techniques les plus extravagants de la sculpture européenne.
Les trois œuvres ont été commandées par Raimondo di Sangro, prince de Sansevero, alchimiste, inventeur et franc-maçon, qui a conçu la chapelle entière comme un programme initiatique.
Le pavement en labyrinthe, dont il reste des fragments, faisait partie du dispositif.
Les machines anatomiques
Dans la crypte, deux squelettes, un homme et une femme, sont présentés avec leur système circulatoire entier, artères et veines colorées, dressé autour des os.
On a longtemps cru que le prince avait injecté une substance métallisante dans les vaisseaux de deux cadavres, peut-être vivants, ce qui a nourri sa légende noire.
Les analyses récentes montrent qu’il s’agit d’un travail d’artisanat : fil de fer, cire et pigments, monté sur des squelettes réels.
L’effet reste saisissant, et la crypte peut heurter les personnes sensibles.
La photographie est interdite dans toute la chapelle.
En pratique
La chapelle est dans le centre historique, à deux minutes de la via San Gregorio Armeno, rue des santons.
Elle est très petite et la jauge limitée : réservez un créneau, sans quoi l’attente peut être longue.
Quarante-cinq minutes suffisent.
Naples souterraine et le musée archéologique complètent la journée. Notre guide pour visiter Naples explique l’ordre à suivre.


