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La bonne gare, le piège numéro un
Trois gares portent le nom de Pompéi, et deux mènent au mauvais endroit. C’est la première cause de journée gâchée.
La bonne est Pompei Scavi Villa dei Misteri, sur la ligne Circumvesuviana entre Naples et Sorrente. Elle ouvre à cent mètres de l’entrée de Porta Marina, la principale.
La gare Pompei, sur la ligne des chemins de fer de l’État, dessert la ville moderne : comptez vingt minutes de marche sans intérêt pour rejoindre le site. La gare Pompei Santuario est dans le même cas.
Depuis Naples, la Circumvesuviana part de la gare centrale, niveau inférieur, et met environ trente-cinq minutes. Les trains sont vétustes et bondés : gardez votre sac devant vous.
Ce qu’il faut voir, sur 44 hectares
Pompéi couvre 44 hectares, dont environ les deux tiers dégagés. Tout voir demande deux jours. En une demi-journée, il faut choisir, et le plan distribué à l’entrée n’aide pas beaucoup.
Le Forum, en entrant par Porta Marina, donne l’échelle : une place bordée de colonnes avec le Vésuve en arrière-plan, exactement dans l’axe. C’est l’image que tout le monde rapporte.
L’amphithéâtre, à l’autre bout du site, est le plus ancien amphithéâtre romain conservé, construit vers 70 avant J.-C., soit cent cinquante ans avant le Colisée.
La maison du Faune est la plus vaste demeure privée du site. La villa des Mystères, hors les murs, conserve la fresque la mieux préservée du monde romain, une frise rouge sang dont le sujet se discute encore.
Les thermes du Forum, enfin, gardent leurs voûtes et leurs niches intactes : c’est le bâtiment qui donne le mieux l’impression d’entrer dans une pièce plutôt que dans une ruine.
Les moulages, et ce qu’ils sont vraiment
Les corps figés de Pompéi ne sont pas des corps. Ce sont des moulages de plâtre, obtenus en coulant du plâtre dans les cavités laissées par les chairs décomposées sous la cendre durcie.
La technique a été mise au point en 1863 par l’archéologue Giuseppe Fiorelli, et c’est elle qui a rendu Pompéi célèbre autant que les ruines elles-mêmes.
On en voit au jardin des Fugitifs, dans le sud du site, où treize victimes sont exposées là où elles ont été trouvées. C’est l’endroit le plus silencieux de Pompéi, et il mérite le détour jusqu’à cet angle éloigné.
D’autres sont visibles aux Granai del Foro, près de l’entrée, pour qui manque de temps.
Passez au musée de Naples avant, pas après
C’est le conseil qui change le plus une visite de Pompéi, et il surprend : l’essentiel de ce qui a été extrait du site ne s’y trouve plus.
Les fresques, les mosaïques, le mobilier et la statuaire ont été transférés au musée archéologique national de Naples pour les protéger. La célèbre mosaïque d’Alexandre, trouvée dans la maison du Faune, y est ; sur place, il n’en reste qu’une copie.
Visiter Pompéi sans être passé au musée, c’est parcourir des murs vidés de leur contenu. Dans l’autre sens, chaque maison reprend du sens.
Comptez deux à trois heures pour le musée, la veille de préférence.
Pompéi ou Herculanum ?
La question mérite d’être posée, et la réponse n’est pas évidente.
Pompéi est immense et spectaculaire par son échelle. Herculanum, à vingt minutes de Naples sur la même ligne, est dix fois plus petite mais bien mieux conservée : les étages tiennent encore, les boiseries ont survécu, les couleurs sont vives.
La différence tient au type d’ensevelissement. Pompéi a reçu des cendres et des lapilli, Herculanum une coulée pyroclastique qui a carbonisé et scellé le bois au lieu de le brûler.
Si vous n’avez qu’une demi-journée, Herculanum donne une meilleure idée de ce qu’était une ville romaine. Si vous avez la journée, Pompéi reste incontournable pour l’ampleur.
Notre guide pour visiter Naples détaille les excursions accessibles en train depuis la ville, dont celle-ci et celle du Vésuve, qui se combinent bien sur une même journée.
Ce qu’il faut emporter
Des chaussures fermées et solides. Les rues sont pavées de blocs irréguliers, creusés d’ornières de chars, avec des passages surélevés à enjamber à chaque carrefour.
De l’eau, et beaucoup. Des fontaines potables sont réparties sur le site, mais l’ombre est rare et les distances longues.
Un chapeau en été : il n’y a aucun abri sur la plus grande partie du parcours, et les températures dépassent régulièrement 35 °C en juillet et août.
Enfin, du temps. Pompéi se visite mal en courant, et trois heures sont un minimum, pas une durée confortable.


