Ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas
Le Suaire est conservé dans la chapelle latérale gauche de la cathédrale, à plat dans un caisson de verre blindé sous atmosphère de gaz inerte, derrière un autel.
Il n’est pas visible : le caisson est recouvert. On voit le caisson et une grande reproduction photographique du tissu à côté.
Les ostensions publiques, où le linceul est réellement montré, sont décidées par le Saint-Siège et ont lieu à plusieurs années d’intervalle. Les réservations, gratuites, se prennent alors en ligne et les files durent des heures.
Si vous venez pour voir le tissu hors ostension, vous serez déçu. Il vaut mieux le savoir avant.
Le musée de la Sindone, à dix minutes, explique l’histoire et les études scientifiques avec des reproductions. C’est la visite pertinente sur le sujet.
Le Suaire, en bref
Le tissu mesure environ quatre mètres trente sur un mètre dix et porte l’image en négatif, de face et de dos, d’un homme portant des traces de flagellation et de crucifixion.
Il apparaît dans les sources en Champagne au milieu du XIVᵉ siècle, passe aux Savoie en 1453, et arrive à Turin en 1578.
La datation au carbone 14 de 1988, menée par trois laboratoires, l’a situé entre 1260 et 1390. Des contestations ont été émises sur l’échantillonnage.
La formation de l’image n’est pas expliquée de façon consensuelle. L’Église le présente comme une icône et ne se prononce pas sur son authenticité.
Il a survécu à deux incendies, dont celui de 1532 à Chambéry, qui a laissé des traces de brûlures et des pièces de réparation, et celui de 1997 à Turin.
La cathédrale et la chapelle de Guarini
La cathédrale elle-même, de la fin du XVᵉ siècle, est la seule église Renaissance de Turin, sobre, en marbre blanc.
Derrière l’abside, la chapelle du Saint-Suaire de Guarino Guarini, de 1694, a été conçue pour abriter le linceul. Sa coupole est un empilement d’arcs hexagonaux en marbre noir qui se resserrent vers une étoile de lumière.
L’incendie de 1997 l’a ravagée ; le Suaire a été sauvé par un pompier qui a brisé la vitre blindée. La restauration a duré vingt et un ans.
Elle se visite avec le billet des Musées royaux, depuis le palais, et non depuis la cathédrale.
Le campanile, séparé, et les vestiges du théâtre romain voisin complètent le secteur. Notre guide pour visiter Turin l’organise.

