Les incontournables de Bologne en un coup d’œil
Voici les 15 incontournables de Bologne avec durée, prix et réservation. Le détail de chaque lieu suit juste après.
* Prix indicatifs, donnés comme ordres de grandeur : vérifiez le tarif exact sur le site officiel du monument avant de réserver.
1. La place Majeure et San Petronio
La piazza Maggiore est le centre de Bologne depuis le XIIIᵉ siècle, bordée par le Palazzo d’Accursio, le Palazzo del Podestà et la basilique San Petronio.
San Petronio devait être plus grande que Saint-Pierre de Rome : le projet fut arrêté sur ordre papal, et la façade reste inachevée à mi-hauteur : le marbre s’interrompt net sur la brique nue.
Elle abrite une méridienne de 67 mètres tracée au sol en 1655 par Cassini, alors la plus longue du monde, qui servit à démontrer l’irrégularité de l’orbite terrestre.
Comptez une heure trente. La place est piétonne et sert de salon à la ville : les Bolonais s’y assoient sur les marches, une pratique locale appelée « crescentone ».
2. Les Deux Tours
La tour Asinelli, haute de 97 mètres, et la Garisenda, tronquée et fortement inclinée, sont ce qui reste des dizaines de tours nobiliaires que comptait Bologne au Moyen Âge.
La montée à l’Asinelli demande 498 marches en bois dans un escalier étroit, et donne la meilleure vue sur les toits rouges de la ville et les collines.
La réservation est obligatoire avec créneau horaire, et le nombre de visiteurs strictement limité. La Garisenda, elle, ne se visite pas : son inclinaison la rend instable, et Dante la cite dans l’Enfer.
Comptez une heure trente. Évitez le milieu de journée en été, l’escalier n’étant pas ventilé.
3. Le marché du Quadrilatero
Le Quadrilatero est l’ancien quartier des corporations, juste à côté de la place Majeure. Ses rues portent encore les noms des métiers : Orefici pour les orfèvres, Pescherie pour les poissonniers, Drapperie pour les drapiers.
C’est aujourd’hui le marché alimentaire du centre : charcuteries, fromagers, pâtes fraîches, primeurs. La mortadelle, le parmesan et les tortellini y sont chez eux.
En fin d’après-midi, les commerces sortent des tables et le quartier devient un lieu d’apéritif à ciel ouvert.
Comptez une heure trente. C’est le meilleur endroit de la ville pour comprendre pourquoi on la surnomme la Grasse.
4. L’Archiginnasio et le théâtre anatomique
L’Archiginnasio fut le siège principal de l’université de 1563 à 1803. Ses murs et ses plafonds sont couverts de sept mille blasons d’étudiants, peints à mesure de leur passage : un annuaire mural de deux siècles.
Son théâtre anatomique, entièrement lambrissé de sapin, servait aux dissections publiques. Les gradins entourent la table centrale, et deux statues d’écorchés soutiennent la chaire du professeur.
Détruit par un bombardement en 1944, il a été reconstruit à l’identique avec les fragments récupérés.
Comptez une heure. L’entrée dans la cour et les galeries est gratuite, seul le théâtre est payant.
5. Santo Stefano et les Sept Églises
Santo Stefano n’est pas une église mais un ensemble de quatre édifices imbriqués, il y en eut sept, construits entre le Vᵉ et le XIIIᵉ siècle sur un temple d’Isis.
L’intention était de reproduire les lieux saints de Jérusalem à Bologne : l’église du Saint-Sépulcre en occupe le centre, avec un édicule censé reproduire le tombeau du Christ.
Le cloître roman à deux niveaux est l’un des plus beaux d’Italie du Nord, et l’ensemble est gratuit.
Comptez une heure. La place devant, en pente, est l’une des plus agréables de la ville.
6. Le sanctuaire San Luca et son portique
Le portique de San Luca est le plus long du monde : 3,8 kilomètres et 666 arches, construits au XVIIIᵉ siècle pour abriter la procession annuelle d’une icône byzantine.
Il monte de la Porta Saragozza jusqu’au sanctuaire, à 300 mètres d’altitude. La montée demande une heure à pied, entièrement couverte : on ne se mouille pas même sous l’averse.
Le sanctuaire offre une vue sur la ville et la plaine du Pô. Un petit train touristique dispense de la montée pour ceux qui préfèrent.
Comptez trois heures aller-retour à pied. C’est l’expérience la plus caractéristique de Bologne.
7. La fontaine de Neptune
La fontaine de Neptune, sculptée par Jean de Bologne en 1566, se dresse à l’angle de la place Majeure. Le dieu, bras tendu, est devenu l’emblème de la ville.
Elle a servi de modèle au logo Maserati, dont le trident reprend celui de la statue : la marque est née à Bologne en 1914.
Un détail amuse les Bolonais : vu depuis un point précis derrière la fontaine, le pouce de Neptune produit une illusion d’optique que le sculpteur aurait ménagée pour contourner la censure ecclésiastique.
Comptez vingt minutes.
8. Le quartier universitaire
La via Zamboni traverse le quartier universitaire, où étudient aujourd’hui près de quatre-vingt mille personnes : un habitant sur cinq à Bologne.
L’ambiance y est celle d’une ville étudiante permanente : librairies, bars bon marché, affiches politiques, et une vie nocturne qui commence tôt.
C’est aussi le meilleur endroit pour manger et boire à petit prix, loin des adresses du centre historique.
Comptez une heure trente. Le quartier vit surtout de septembre à juin; il se vide en été.
9. La Pinacothèque nationale
La Pinacothèque nationale conserve la peinture émilienne du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle : Giotto, Raphaël, le Pérugin, et surtout les Carrache, qui ont fondé ici l’académie d’où est sorti le baroque italien.
L’Extase de sainte Cécile de Raphaël en est la pièce maîtresse.
Le musée est installé dans un ancien noviciat jésuite, dans le quartier universitaire. Il est rarement fréquenté.
Comptez deux heures. Fermé le lundi.
10. Les canaux cachés et la via Piella
Bologne fut une ville de canaux, comparable à Venise : un réseau hydraulique médiéval alimentait les moulins à soie qui firent sa fortune. Presque tout a été couvert au XXᵉ siècle.
Il en reste une fenêtre, via Piella, qui s’ouvre sur le canal delle Moline entre deux façades : une brèche dans le mur d’où l’on aperçoit la ville d’avant.
Le canal réapparaît aussi le long de la via Malcontenti et près de la Manifattura delle Arti.
Comptez quarante-cinq minutes. La fenêtre attire du monde : venez tôt.
11. La basilique San Domenico
San Domenico abrite le tombeau de saint Dominique, fondateur de l’ordre des prêcheurs, mort à Bologne en 1221.
L’arche funéraire réunit les mains de trois siècles de sculpteurs, dont un jeune Michel-Ange qui y a réalisé trois figures à vingt ans.
La chapelle abrite aussi un reliquaire et des marqueteries de chœur d’une finesse rare.
Comptez quarante-cinq minutes. L’entrée est gratuite.
12. Le MAMbo et la Manifattura delle Arti
Le MAMbo occupe une ancienne boulangerie municipale reconvertie, dans le quartier de la Manifattura delle Arti : friches industrielles transformées en pôle culturel.
Le musée conserve la collection Morandi, réunissant les natures mortes du peintre bolonais, et son atelier reconstitué.
Le quartier accueille aussi la cinémathèque, réputée pour son travail de restauration, et son festival de films retrouvés.
Comptez deux heures.
13. Le palais Poggi et ses musées
Le palais Poggi abrite les collections scientifiques de l’université : anatomie en cire, obstétrique, cartes de navigation, instruments de physique du XVIIIᵉ siècle.
Les modèles anatomiques en cire, réalisés pour l’enseignement, sont à la fois précis et troublants : la tradition bolonaise en la matière était sans rivale en Europe.
La Specola, tour d’observation astronomique du XVIIIᵉ siècle, se visite avec le même billet.
Comptez une heure trente.
14. Le marché de la Piazzola
Le marché de la Piazzola s’installe le vendredi et le samedi sur la piazza VIII Agosto : quatre cents étals de vêtements, tissus, brocante et fripes.
C’est le marché des Bolonais, sans intérêt touristique déclaré, et c’est précisément ce qui le rend intéressant.
Comptez une heure trente. Il ne fonctionne que ces deux jours-là.
15. Modène et le vinaigre balsamique
Modène est à vingt minutes de train de Bologne, et complète naturellement un séjour gastronomique.
Sa cathédrale romane et sa tour Ghirlandina sont classées à l’Unesco. Le marché Albinelli, halle Art nouveau de 1931, est l’un des plus beaux d’Italie.
Les acetaie, greniers où vieillit le vinaigre balsamique traditionnel pendant douze à vingt-cinq ans, se visitent sur réservation : le produit n’a rien à voir avec ce qui se vend en supermarché.
Comptez une journée. Le musée Enzo Ferrari, dans la maison natale du fondateur, intéressera les amateurs.
Combien de jours pour visiter Bologne ?
Deux jours suffisent pour la ville, trois avec San Luca et un musée, quatre à cinq si Bologne sert de base pour l’Émilie-Romagne. Le centre historique se traverse à pied en trente minutes.
En 1 jour : la place Majeure, les Deux Tours, le Quadrilatero, l’Archiginnasio et Santo Stefano.
En 2 jours : ajoutez le portique de San Luca en matinée et le quartier universitaire, avec un apéritif au Quadrilatero.
En 3 jours : la Pinacothèque, le palais Poggi et le MAMbo. C’est la durée qui donne le meilleur équilibre.
En 5 jours : Modène, Parme, Ravenne et ses mosaïques deviennent accessibles à la journée, toutes en moins d’une heure de train.
Que faire autour de Bologne ?
Bologne est le nœud ferroviaire de l’Italie : c’est ce qui en fait la meilleure base du pays pour rayonner sans voiture.
Modène est à 20 minutes, Parme à 50 : capitales du parmesan, du jambon de Parme et du vinaigre balsamique, avec un patrimoine roman de premier ordre.
Ravenne, à une heure, conserve les plus belles mosaïques paléochrétiennes du monde, dans huit monuments classés à l’Unesco.
Ferrare, à 30 minutes, est une ville Renaissance ceinte de neuf kilomètres de remparts, à parcourir à vélo.
Florence est à 35 minutes, Milan à une heure, Venise à 1 h 30. Peu de villes européennes offrent autant à cette distance.
Où dormir à Bologne ?
Le bon choix par défautCentro Storico
le meilleur choix par défaut, autour de la place Majeure. Tout est à moins de dix minutes à pied, sous les portiques.
Vie nocturneQuartiere Universitario
plus jeune et plus animé, autour de la via Zamboni, avec les prix les plus bas de la ville. Bruyant en soirée pendant l’année universitaire.
Bon plan famillesSanto Stefano
résidentiel et calme, autour de la basilique, avec des chambres plus grandes à dix minutes du centre. Bon plan familles et longs séjours.
Où manger à Bologne ?
Bologne revendique la meilleure cuisine d’Italie, et l’argument se défend. Les tagliatelle al ragù : jamais des spaghetti bolognaise, qui n’existent pas ici : les tortellini en bouillon, les lasagnes vertes et la mortadelle en sont les piliers.
Le ragù bolonais fait l’objet d’une recette déposée à la chambre de commerce en 1982. La confondre avec une sauce tomate à la viande est le meilleur moyen de vexer un Bolonais.
Le Quadrilatero concentre les meilleures charcuteries et les comptoirs d’apéritif. Le quartier universitaire offre les mêmes plats pour moitié prix.
Une osteria de quartier propose un plat de pâtes fraîches entre 10 et 14 €. La qualité moyenne y est nettement supérieure à celle des villes plus touristiques.
Quand partir à Bologne ?
Avril à juin et septembre-octobre offrent le meilleur climat : 18 à 26 °C, terrasses praticables, ville animée par l’année universitaire.
L’été est lourd et humide, Bologne est dans la plaine du Pô, et la ville se vide en août : étudiants partis, restaurants fermés.
L’hiver est froid et brumeux, mais les portiques rendent la ville praticable par tous les temps, ce qui est unique en Italie. C’est aussi la saison des tortellini en bouillon et des prix bas.
Une réserve : pendant les grands salons, Cersaie en septembre, Motor Show : les hôtels doublent ou triplent leurs tarifs. Vérifiez le calendrier avant de réserver.
Infos pratiques pour visiter Bologne
Y aller. L’aéroport Guglielmo Marconi est à 6 km, relié à la gare centrale par le Marconi Express en 7 minutes. En train, Bologne est à 35 minutes de Florence, 1 heure de Milan, 1 h 30 de Venise et 2 heures de Rome : c’est le principal nœud ferroviaire d’Italie.
Se déplacer. Le centre historique se parcourt entièrement à pied, sous quarante kilomètres de portiques. Aucun métro : les bus suffisent pour San Luca et la périphérie. La voiture est inutile, le centre étant en zone à trafic limité.
Combien de jours. Deux jours pour la ville, trois avec San Luca et les musées, cinq si Bologne sert de base pour l’Émilie-Romagne.
Meilleure période. Avril à juin et septembre-octobre, entre 18 et 26 °C, avec les portiques qui abritent du soleil comme de la pluie. Juillet et août sont lourds et la ville étudiante se vide.
Budget. Comptez 15 à 25 € par jour et par personne pour les visites, beaucoup de sites sont gratuits, et 12 à 22 € pour un repas. Bologne offre le meilleur rapport qualité-prix de la table italienne.