L’école bolonaise, et pourquoi elle compte
À la fin du XVIᵉ siècle, trois Carrache, les cousins Ludovico, Agostino et Annibale, fondent à Bologne une académie qui rompt avec le maniérisme.
Ils reviennent au dessin d’après nature, à la clarté de la composition et à l’expression directe des émotions. C’est le point de départ de la peinture baroque en Italie.
Annibale Carrache part ensuite à Rome peindre la galerie Farnèse, et l’école bolonaise fournit une génération entière de peintres : Guido Reni, Le Dominiquin, l’Albane, Guerchin.
Cette peinture a été portée aux nues au XVIIIᵉ siècle, puis violemment dévaluée au XIXᵉ, et elle est aujourd’hui réévaluée.
La pinacothèque est le meilleur endroit pour la comprendre, puisqu’elle en montre la genèse sur place.
Les œuvres à voir
L’Extase de sainte Cécile de Raphaël, vers 1515, est la pièce la plus célèbre : la sainte, instruments de musique brisés à ses pieds, écoute un chœur céleste.
Les Carrache occupent plusieurs salles, dont la Madone Bargellini de Ludovico et l’Annonciation d’Annibale.
Le Massacre des Innocents de Guido Reni et sa Pietà dei Mendicanti sont ses deux grands formats bolonais.
Le Guerchin, avec son Saint Guillaume d’Aquitaine, montre le clair-obscur le plus appuyé de l’école.
Les salles gothiques du début, avec Vitale da Bologna et ses retables du XIVᵉ siècle, sont remarquables et systématiquement traversées trop vite.
En pratique
Le musée est en haut de la via Belle Arti, dans le quartier universitaire, à dix minutes des Deux Tours.
Il est fermé le lundi et ferme tôt certains jours. Vérifiez les horaires, qui varient.
La fréquentation est faible : on traverse souvent les salles seul, ce qui est rare pour une collection de ce niveau.
L’Académie des beaux-arts occupe le bâtiment voisin, ce qui maintient une activité d’étudiants autour.
Notre guide sur que faire à Bologne explique comment répartir les visites sur deux jours.

