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Ce qu’on voit vraiment à l’intérieur
De l’extérieur, le Colisée impressionne par sa masse : 189 mètres de long, 156 de large, 48 de haut, quatre niveaux d’arcades en travertin. À l’intérieur, la surprise est inverse : l’arène a disparu, et on plonge du regard dans un réseau de murs et de couloirs à ciel ouvert.
Ce réseau est l’hypogée, les souterrains où l’on parquait les bêtes et les machineries. Le plancher de bois qui le recouvrait, couvert de sable, a été démonté au XIXᵉ siècle par les archéologues. C’est ce qui donne au monument sa silhouette actuelle, éventrée.
Le parcours de visite standard suit deux niveaux de gradins et fait le tour de l’ellipse. Il faut compter une heure trente pour en profiter sans courir, davantage si vous vous arrêtez devant les panneaux et la petite exposition permanente du deuxième étage.
Un détail que peu de visiteurs remarquent : les trous réguliers creusés dans les blocs de travertin de la façade. Ce sont les traces des crampons de bronze qui liaient les pierres, arrachés au Moyen Âge pour être refondus.
Quel billet choisir : les trois formules
Trois niveaux de billet existent, et le choix se fait surtout sur le temps dont vous disposez.
Le billet ordinaire donne accès au Colisée, au Forum romain et au Palatin. Il tourne autour de 18 € et vaut 24 heures, ce qui permet de faire le Colisée un après-midi et le Forum le lendemain matin. C’est le meilleur rapport qualité-prix pour une première visite.
Le billet arène ajoute l’accès au plancher reconstitué, au niveau où combattaient les gladiateurs. On y gagne le point de vue inverse : depuis le sol, gradins au-dessus de soi. Le supplément est modeste et l’effet vaut le détour pour qui vient de loin.
La formule complète, souvent appelée Full Experience, ouvre en plus les souterrains et le troisième anneau. C’est la seule façon de descendre dans l’hypogée. Les créneaux sont peu nombreux et partent les premiers : si cette visite vous tente, réservez en priorité.
Les tarifs évoluent chaque saison et le site officiel du parc archéologique fait foi. Les montants donnés ici sont des ordres de grandeur, à vérifier avant de réserver.
Réserver : quand s’y prendre et où
La réservation avec créneau horaire est obligatoire depuis plusieurs années. Se présenter sans billet ne garantit rien, même hors saison, et les guichets sur place ne vendent qu’un quota résiduel.
De mars à octobre, prenez vos billets trois à quatre semaines à l’avance pour un créneau du matin. Pour la formule souterrains, comptez deux mois. En janvier et février, une semaine suffit généralement.
Les billets se prennent sur la billetterie officielle du parc archéologique du Colisée. Les revendeurs proposent les mêmes créneaux avec une commission, parfois utile quand l’officiel est complet, mais jamais moins cher.
Attention aux personnes qui abordent les visiteurs dans la file en proposant des billets « coupe-file » : ils revendent au double du tarif officiel un accès que vous avez déjà si vous avez réservé.
À quelle heure venir pour éviter la foule
Le Colisée reçoit plus de douze mille visiteurs par jour en été. L’heure du créneau change complètement l’expérience.
Le meilleur moment est l’ouverture, autour de 9 heures : les groupes organisés arrivent vers 10 h 30, et la première heure reste respirable. La fin de journée, deux heures avant la fermeture, fonctionne aussi, avec une lumière rasante qui flatte le travertin.
À éviter : le milieu de journée entre 11 h et 15 h, surtout de juin à septembre. Les gradins sont en plein soleil, sans ombre ni point d’eau à l’intérieur, et la chaleur y devient difficile.
Le premier dimanche du mois, l’entrée est gratuite dans les musées d’État italiens. Le Colisée est alors saturé et la réservation gratuite part en quelques minutes : ce n’est une bonne affaire que si vous acceptez la foule.
Le Forum romain et le Palatin, compris dans le billet
Beaucoup de visiteurs ignorent que leur billet couvre aussi le Forum romain et le mont Palatin, juste en face. C’est une erreur coûteuse : ces deux sites représentent au moins autant à voir que le Colisée lui-même.
Le Forum était le centre politique, religieux et commercial de la Rome antique. On y marche entre les colonnes du temple de Saturne, l’arc de Septime Sévère et la via Sacra, sur laquelle défilaient les triomphes.
Le Palatin, la colline au-dessus, portait les palais impériaux. C’est de son nom que vient le mot « palais ». La vue depuis les jardins Farnèse, sur le Forum d’un côté et le Circus Maximus de l’autre, est l’une des plus belles de Rome, et l’endroit est bien moins fréquenté.
Prévoyez deux heures supplémentaires pour les deux, et de bonnes chaussures : le terrain est irrégulier et l’ombre rare.
Comment s’y rendre
Le métro est le moyen le plus simple : ligne B, station Colosseo, qui débouche exactement en face du monument. C’est l’une des rares stations de métro au monde qui ouvre sur un tel spectacle.
À pied, le Colisée est à quinze minutes de la place Venise et à vingt-cinq minutes de la fontaine de Trevi, par un itinéraire qui longe les forums impériaux et vaut la promenade.
L’entrée pour les billets réservés se fait par un accès dédié, séparé de la file d’attente générale. Prévoyez quinze minutes pour le contrôle de sécurité, obligatoire, et venez avec le minimum de bagages : les grands sacs sont refusés et il n’y a pas de consigne.
Son histoire, en trois minutes
Le Colisée s’appelle en réalité l’amphithéâtre flavien, du nom de la dynastie qui l’a fait construire. Vespasien en lance le chantier vers 72 après J.-C., sur le site d’un lac artificiel de la Maison dorée de Néron : le geste est politique, il rend au peuple un terrain que l’empereur détesté s’était approprié.
Son fils Titus l’inaugure en 80 par cent jours de jeux. L’amphithéâtre pouvait accueillir environ cinquante mille spectateurs, répartis par rang social, et se vidait en quelques minutes grâce à quatre-vingts entrées numérotées.
Le nom de Colisée n’apparaît qu’au Moyen Âge, et viendrait du colosse de Néron, une statue de bronze de trente mètres qui se dressait à côté.
Les combats de gladiateurs cessent au Vᵉ siècle. Le monument sert ensuite de carrière, de forteresse, d’habitations, puis d’église, avant d’être protégé au XVIIIᵉ siècle par le pape Benoît XIV.
Pourquoi il est en ruine
Deux causes, et l’une surprend souvent.
Les séismes d’abord. Celui de 1349 fait s’effondrer tout le flanc sud, celui qui manque aujourd’hui. Le Colisée repose sur deux sols différents, l’un ferme, l’autre alluvionnaire : c’est le côté posé sur les alluvions qui a cédé.
La récupération des matériaux ensuite, et c’est la plus destructrice. Pendant des siècles, le monument a servi de carrière à ciel ouvert. Ses blocs de travertin et son marbre ont été réemployés dans des palais romains, et jusque dans la basilique Saint-Pierre.
Ce qu’on voit aujourd’hui est donc un squelette : la structure porteuse, débarrassée de son parement de marbre, de ses statues et de ses gradins de pierre.
Autour du Colisée
L’arc de Constantin se dresse à cinquante mètres, en accès libre. Érigé en 315, c’est le plus grand arc de triomphe romain conservé, et il réemploie des sculptures prélevées sur des monuments plus anciens.
La basilique San Clemente, à cinq minutes à pied, est l’une des visites les plus étonnantes de Rome : trois niveaux superposés, d’une église du XIIᵉ siècle à un temple de Mithra du IIᵉ siècle, en descendant deux étages sous la rue actuelle.
Le quartier de Monti, juste au nord, est le bon endroit pour déjeuner après la visite. Il échappe encore largement aux restaurants à touristes qui entourent le monument.
Notre guide pour visiter Rome replace le Colisée dans un séjour complet, avec les quinze incontournables et l’ordre des réservations à prendre.


