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La coupole, et pourquoi elle tient encore
Le Panthéon possède la plus grande coupole en béton non armé jamais construite, et ce record tient depuis près de deux mille ans. Son diamètre, 43,3 mètres, est exactement égal à sa hauteur sous clé : une sphère parfaite s’inscrirait dans le volume.
Le secret de sa tenue est dans le dosage. Les Romains ont allégé le béton à mesure qu’ils montaient, en changeant les granulats : travertin lourd à la base, tuf au milieu, pierre ponce au sommet. L’épaisseur passe de six mètres en bas à un mètre vingt en haut.
Les caissons creusés dans l’intrados, cinq rangées de vingt-huit, ne sont pas décoratifs : ils retirent de la matière là où elle ne sert pas, sans affaiblir la structure.
L’oculus, l’ouverture circulaire de 8,9 mètres au sommet, n’a jamais été fermé. C’est la seule source de lumière du bâtiment, et le faisceau qu’il projette se déplace sur les murs au fil des heures.
Ce qui se passe quand il pleut
La question revient toujours : oui, la pluie entre. L’oculus est ouvert sur le ciel, sans vitre ni grille.
Le sol de marbre est légèrement bombé et percé de vingt-deux orifices de drainage, invisibles au premier regard, qui évacuent l’eau vers le réseau antique. Le système fonctionne depuis l’origine.
Par forte averse, un cône de pluie tombe au centre de la rotonde et les gardiens délimitent la zone. Le spectacle vaut d’être vu, et c’est l’un des rares monuments de Rome qui gagne à la pluie.
L’effet inverse se produit le 21 avril, jour anniversaire de la fondation de Rome : vers midi, le faisceau de lumière tombe exactement sur le portail d’entrée.
Le billet, et le changement de 2023
L’entrée du Panthéon a longtemps été gratuite. Elle est payante depuis juillet 2023, autour de 5 €, ce que beaucoup de guides publiés avant cette date indiquent encore mal.
Le billet s’achète en ligne ou sur place. En ligne, il coûte un euro de plus en frais de réservation, et fait gagner la file, qui dépasse trente minutes en milieu de journée.
La gratuité subsiste pour les moins de 18 ans, et pour tous lors des messes, le samedi en fin d’après-midi et le dimanche matin. Assister à l’office est le seul moyen d’entrer sans payer, à condition de venir pour l’office et non pour la visite.
Le premier dimanche du mois n’ouvre pas droit à la gratuité ici, contrairement aux musées d’État : le Panthéon est une église en activité, sous un régime distinct.
Un temple devenu église, et c’est ce qui l’a sauvé
Le bâtiment actuel date d’environ 126 après J.-C., sous Hadrien. L’inscription de la façade attribue pourtant l’édifice à Agrippa, gendre d’Auguste : Hadrien a réemployé le fronton du temple d’origine, détruit par un incendie.
En 609, l’empereur byzantin cède le temple au pape, qui le consacre en église. C’est cette conversion qui l’a sauvé : les autres temples romains ont servi de carrières, celui-ci a été entretenu sans interruption.
Il n’en a pas moins été dépouillé. Les tuiles de bronze doré du toit sont parties à Constantinople au VIIᵉ siècle, et le bronze du portique a été fondu au XVIIᵉ, en partie pour le baldaquin de Saint-Pierre.
Raphaël y est enterré, dans la troisième niche à gauche, ainsi que les deux premiers rois d’Italie.
À quelle heure venir
Tôt le matin, à l’ouverture vers 9 heures : la place de la Rotonde est encore calme et la lumière de l’oculus frappe la coupole côté ouest.
En fin de journée également, une heure avant la fermeture, quand les groupes sont partis.
À éviter absolument : entre 11 h et 16 h en saison, où la rotonde devient bruyante et la file longue.
Le Panthéon se combine bien avec la place Navone, à cinq minutes à pied, et la fontaine de Trevi, à dix. Notre guide pour visiter Rome propose l’enchaînement complet.
Comment s’y rendre
Aucune station de métro ne dessert directement le Panthéon, et c’est le principal piège. La plus proche, Barberini sur la ligne A, est à quinze minutes de marche.
Le quartier se rejoint surtout à pied : dix minutes depuis la fontaine de Trevi, cinq depuis la place Navone, vingt depuis la gare Termini par la via Nazionale.
Plusieurs lignes de bus s’arrêtent largo di Torre Argentina, à cinq minutes, où l’on peut voir au passage les quatre temples républicains en contrebas et la colonie de chats qui les occupe.


