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Quatre bâtiments en un
Peu de monuments ont autant changé d’usage. Le château Saint-Ange est d’abord le mausolée d’Hadrien, achevé en 139, un tambour cylindrique de soixante-quatre mètres de diamètre destiné à recevoir les cendres impériales.
Il devient forteresse au Vᵉ siècle, intégré aux murailles. Puis résidence papale fortifiée, avec des appartements Renaissance peints à fresque. Puis prison, jusqu’en 1901.
Le nom vient d’une vision : en 590, pendant une épidémie de peste, le pape Grégoire aurait vu l’archange Michel rengainer son épée au sommet du bâtiment, signe de la fin du fléau. La statue de bronze qui couronne l’édifice commémore l’épisode.
Le parcours de visite suit cette stratification, du bas vers le haut, et c’est ce qui rend le lieu intéressant : on traverse quatre époques en montant.
Le passage secret vers le Vatican
Le Passetto di Borgo est un couloir fortifié de huit cents mètres qui relie le château au palais du Vatican, construit au XIIIᵉ siècle le long d’un mur d’enceinte.
Il a servi au moins deux fois. En 1494 face à l’armée de Charles VIII, et surtout en 1527, lors du sac de Rome, quand Clément VII s’y est enfui pendant que les troupes impériales mettaient la ville à sac. Il y est resté assiégé plusieurs mois.
Le passage est visible depuis la rue, sur la via dei Corridori : c’est le mur épais surmonté d’un chemin de ronde qui longe le trottoir. Beaucoup passent devant sans le remarquer.
Son ouverture au public est intermittente, lors d’événements ou d’expositions temporaires. Vérifiez à la billetterie si le parcours du jour l’inclut.
La rampe et la terrasse
L’intérieur s’organise autour d’une rampe hélicoïdale antique, qui monte en spirale dans l’épaisseur du tambour depuis l’entrée romaine. Elle est d’origine, et l’on marche sur le pavement d’Hadrien.
Plus haut, les appartements papaux surprennent par leur raffinement dans une forteresse : la salle Pauline et la chambre de Clément VII sont couvertes de fresques et de grotesques.
La terrasse du sommet, au pied de l’ange de bronze, ferme la visite. La vue couvre le Tibre, le pont Saint-Ange et ses anges du Bernin, et la coupole de Saint-Pierre en enfilade.
C’est le point de vue de l’acte final de la Tosca, et la référence est affichée sur place.
Quand venir, et avec quoi le combiner
Le château reçoit nettement moins de monde que le Vatican ou le Colisée, ce qui en fait un bon choix de milieu de journée, quand les autres sites saturent.
La fin d’après-midi est le meilleur moment pour la terrasse : la lumière prend la coupole de Saint-Pierre de face.
Le pont Saint-Ange, juste devant, est piéton et bordé de dix anges dessinés par le Bernin. Il se traverse gratuitement et vaut le détour même sans entrer dans le château.
La basilique Saint-Pierre est à dix minutes à pied, ce qui permet d’enchaîner naturellement. Notre guide pour visiter Rome donne l’ordre complet.


