Les deux David
Celui de Donatello, en bronze, vers 1440, est le premier nu masculin en ronde-bosse depuis l’Antiquité. Il est androgyne, coiffé d’un chapeau de berger fleuri, le pied sur la tête de Goliath.
Il surprend : rien du héros musculeux attendu, plutôt un adolescent sûr de lui et ambigu.
Donatello a aussi un David de marbre, plus ancien, dans la même salle, plus conventionnel.
Celui de Verrocchio, vers 1470, est un jeune homme en cuirasse, souriant. Léonard, alors apprenti dans son atelier, en aurait été le modèle selon une hypothèse ancienne.
Voir ces trois-là avant celui de Michel-Ange, à l’Académie, change complètement la lecture de ce dernier.
Le concours de 1401
Deux panneaux de bronze sont exposés côte à côte : ceux que Brunelleschi et Ghiberti ont soumis au concours pour les portes du baptistère de Florence, en 1401.
Le sujet imposé était le sacrifice d’Isaac. Ghiberti a gagné.
Voir les deux ensemble permet de comprendre pourquoi : celui de Ghiberti est plus élégant et techniquement plus économe en bronze ; celui de Brunelleschi est plus dramatique et plus heurté.
Brunelleschi, vexé, aurait alors quitté la sculpture pour l’architecture. On lui doit la coupole du Duomo.
C’est l’un des rares endroits où l’on peut voir un moment de bascule de l’histoire de l’art avec les deux pièces à conviction.
Le reste, et le bâtiment
Le palais, bâti en 1255, a été le siège du Podestat puis du Bargello, chef de la police, avec une prison et un lieu d’exécution dans la cour.
La cour, avec son escalier extérieur et ses blasons sculptés, est l’une des plus belles de Florence.
Michel-Ange est représenté par un Bacchus et un Brutus, œuvres de jeunesse.
Les collections d’ivoires, d’émaux de Limoges, de majoliques et d’armes anciennes occupent les étages.
La file est presque inexistante. À cinq minutes de la piazza della Signoria, c’est la meilleure échappatoire aux files des Offices, comme l’explique notre guide sur que faire à Florence.


