Ségeste : un temple et un théâtre
Le temple dorique, sur une colline, est achevé extérieurement mais n’a jamais été terminé : les colonnes ne sont pas cannelées et il n’y a jamais eu de toit ni de cella.
Il a probablement été bâti vers 420 avant J.-C. par les Élymes, peuple non grec, pour se présenter en cité hellénisée et obtenir l’appui d’Athènes contre Sélinonte. Le chantier a été abandonné quand l’alliance a échoué.
C’est donc un temple politique, resté à l’état d’enveloppe. Il est d’une conservation remarquable pour cette raison même.
Le théâtre, à deux kilomètres en haut du mont Barbaro, est desservi par une navette ou s’atteint à pied en vingt minutes de montée raide. Les gradins font face au golfe de Castellammare, et la vue est l’argument principal.
Le site est petit : deux heures suffisent, et il n’y a presque pas d’ombre.
Sélinonte : la plus grande
Sélinonte est le plus vaste parc archéologique d’Europe, environ deux cent soixante-dix hectares au bord de la mer.
La ville a été fondée vers 650 avant J.-C., détruite par Carthage en 409, brièvement reprise, puis rasée définitivement en 250. Elle n’a jamais été réoccupée, ce qui explique l’état du site.
Trois zones se visitent : la colline orientale avec ses temples, dont le temple E relevé au XXᵉ siècle, l’acropole avec ses rues et ses remparts, et le sanctuaire de la Malophoros de l’autre côté.
Le temple G, jamais achevé, est un champ de tambours de colonnes écroulés, certains de plus de trois mètres de diamètre. L’échelle des blocs au sol dit mieux l’ambition du chantier qu’un édifice debout.
Le site est immense et les distances entre zones se font en navette électrique ou à pied, une bonne heure de marche. Comptez trois heures minimum.
Organiser la journée
Ségeste est à cinquante minutes de Palerme et trente de Trapani. Sélinonte est à une heure au sud de Ségeste.
L’ordre logique est Ségeste le matin, Sélinonte l’après-midi, avec la possibilité de finir par la plage voisine de Marinella di Selinunte.
Les carrières de Cave di Cusa, entre les deux, sont un détour de vingt minutes qui vaut le coup : les tambours de colonnes y sont restés en place, certains encore attachés à la roche, abandonnés en 409 quand les Carthaginois sont arrivés. On voit le travail interrompu.
Aucun des sites n’a d’ombre. Chapeau, eau et chaussures fermées.
Notre guide sur que faire en Sicile situe ces sites dans un itinéraire de l’ouest de l’île, avec Trapani, Érice et les Égades.


