Les incontournables de Sardaigne en un coup d’œil
Voici les 15 incontournables de Sardaigne avec durée, prix et réservation. Le détail de chaque lieu suit juste après.
* Prix indicatifs, donnés comme ordres de grandeur : vérifiez le tarif exact sur le site officiel du monument avant de réserver.
1. L’archipel de la Maddalena
L’archipel de la Maddalena est un parc national de soixante îles et îlots au nord-est de la Sardaigne, entre l’île principale et la Corse. Ses eaux transparentes sur fond de granit rose en font le site le plus photographié de l’île.
L’excursion en bateau à la journée, au départ de Palau ou de Cannigione, est la façon habituelle de le voir : trois ou quatre arrêts de baignade, dont la Cala Coticcio surnommée Tahiti. Les débarquements sont réglementés et limités.
Caprera, reliée à la Maddalena par un pont, se visite en voiture. Garibaldi y a passé ses dernières années, et sa maison est un musée national.
Astuce terrain : privilégiez les bateaux de petite capacité. Les grandes unités déversent cent cinquante personnes sur la même crique, ce qui annule l’intérêt de l’endroit.
2. La Costa Smeralda et ses criques
La Costa Smeralda est une bande côtière de trente kilomètres aménagée à partir de 1962 par un consortium mené par l’Aga Khan, avec un cahier des charges architectural strict : d’où l’aspect homogène de Porto Cervo.
L’intérêt n’est pas dans les boutiques mais dans les criques alentour : Capriccioli, Liscia Ruja, Romazzino. Le sable y est blanc et l’eau descend en dégradé du turquoise au bleu profond.
Les parkings sont payants et se remplissent avant 10 h en juillet et août. Hors saison, tout est gratuit et vide.
Une remarque de méthode : la Costa Smeralda est chère à dormir et à manger, mais rien n’oblige à y loger. Depuis Olbia ou San Teodoro, les plages sont à moins de quarante minutes pour la moitié du prix.
3. Le golfe d’Orosei et Cala Goloritzé
Le golfe d’Orosei aligne sur quarante kilomètres des falaises calcaires tombant dans la mer, entrecoupées de criques accessibles seulement par bateau ou par sentier. C’est le plus spectaculaire littoral d’Italie.
Cala Goloritzé, classée monument naturel, se mérite : une heure de descente depuis le plateau du Golgo, autant pour remonter, et un accès limité à deux cent cinquante personnes par jour avec réservation obligatoire.
Cala Mariolu, Cala Luna et Cala Sisine se rejoignent en bateau depuis Cala Gonone ou Santa Maria Navarrese. La journée en mer reste le meilleur moyen d’en voir plusieurs.
Prévoyez de vraies chaussures si vous descendez à pied : le sentier est caillouteux et sans ombre. Et de l’eau, il n’y a aucun service sur place.
4. Alghero et la côte catalane
Alghero a été catalane pendant quatre siècles, et l’est restée dans sa langue : l’alguerès s’y parle encore, les rues portent des noms en catalan, et l’architecture rappelle davantage la Costa Brava que l’Italie.
La vieille ville, ceinte de remparts et de tours du XVIᵉ siècle, se parcourt en deux heures. Les bastions donnent sur la mer et se prennent au coucher du soleil.
Alghero est aussi la porte d’entrée du corail rouge de Sardaigne, pêché ici depuis l’Antiquité et travaillé dans les ateliers du centre.
5. La grotte de Neptune
La grotte de Neptune s’ouvre au pied du cap Caccia, à vingt-quatre kilomètres d’Alghero. Elle abrite un lac salé intérieur et des concrétions parmi les plus importantes de Méditerranée.
L’accès se fait par l’Escala del Cabirol, un escalier de six cent cinquante-quatre marches taillé dans la falaise : la remontée est physique. Un bateau depuis Alghero évite l’escalier et offre la vue sur les falaises.
La visite dure une heure, guidée. La grotte ferme par mer agitée, ce qui arrive souvent hors saison : vérifiez avant de faire la route.
6. Cagliari et le quartier de Castello
Cagliari est la capitale de l’île, bâtie sur sept collines au fond d’un golfe. Le quartier de Castello, ceint de remparts pisans, la domine et concentre la cathédrale, les tours et les musées.
Le Musée archéologique national conserve les bronzetti nuragiques, petites statuettes de l’âge du bronze qui sont l’expression la plus singulière de la civilisation sarde.
La plage du Poetto s’étire sur huit kilomètres à quinze minutes du centre : rare pour une capitale. L’étang voisin abrite une colonie de flamants roses installée à l’année.
Comptez trois heures pour la ville, une journée en ajoutant la plage et le musée.
7. Su Nuraxi de Barumini
Su Nuraxi est le nuraghe le mieux conservé de Sardaigne et le seul site de l’île classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Sa tour centrale date du XVIIᵉ siècle avant J.-C., entourée d’un village de cinquante habitations.
Les nuraghes sont des tours tronconiques en pierre sèche, construites sans mortier, dont on compte environ sept mille sur l’île. Leur fonction (forteresse, temple, habitat) fait encore débat.
La visite est guidée et obligatoire, en groupe, toutes les demi-heures. Comptez une heure trente. Le site est au centre de l’île, à une heure de Cagliari.
C’est la visite qui donne le plus de profondeur à un séjour sarde : sans elle, on repart en croyant que l’île n’est qu’un littoral.
8. Bosa et la vallée du Temo
Bosa s’étage en maisons colorées sur la rive du Temo, seul fleuve navigable de Sardaigne, dominée par le château des Malaspina du XIIᵉ siècle.
La route côtière entre Bosa et Alghero, sur quarante kilomètres de corniche, est l’une des plus belles d’Italie. Elle traverse un territoire de vautours fauves réintroduits, qu’on aperçoit régulièrement.
Comptez deux heures trente pour le village et le château. La route elle-même demande une heure sans arrêt, le double avec.
9. La presqu’île du Sinis et Tharros
La presqu’île du Sinis, sur la côte ouest, réunit deux choses rares : les plages de quartz de Is Arutas, faites de grains translucides et non de sable, et le site archéologique de Tharros.
Tharros est une cité fondée par les Phéniciens au VIIIᵉ siècle avant J.-C., puis punique et romaine, dont les colonnes se dressent face à la mer sur un promontoire.
Le ramassage du quartz est interdit et verbalisé : les plages s’appauvrissaient. Comptez trois heures pour le site et une plage.
10. Le Sulcis et l’île de Sant’Antioco
Le Sulcis, au sud-ouest, est la partie la moins fréquentée du littoral sarde. Ses plages (Tuerredda, Chia, Porto Pino) rivalisent avec celles du nord sans en avoir la notoriété ni les prix.
Sant’Antioco, reliée par un isthme, conserve un tophet punique et un musée du byssus, cette soie marine tissée à partir des filaments d’un coquillage : une technique dont il ne reste qu’une praticienne au monde, installée ici.
Comptez une journée pour combiner une ou deux plages et l’île. La région se prête bien à un séjour de plusieurs jours.
11. Le Supramonte et la gorge de Gorropu
Le Supramonte est un massif calcaire de l’intérieur, longtemps réputé pour le banditisme et resté presque vide. La gorge de Gorropu, profonde de cinq cents mètres, est l’une des plus importantes d’Europe.
L’accès le plus simple part du pont de Sa Barva : deux heures de marche à l’aller par un sentier balisé, autant au retour. Un service de navettes 4×4 raccourcit l’approche.
Comptez cinq heures avec la marche. La progression dans la gorge elle-même se complique rapidement : au-delà de la première section, il faut un accompagnateur.
12. Castelsardo et le nord
Castelsardo est un village médiéval perché sur un promontoire volcanique de la côte nord, couronné par un château des Doria du XIIᵉ siècle. Il est classé parmi les plus beaux bourgs d’Italie.
Le château abrite un musée de la vannerie, artisanat encore pratiqué dans le village : on voit les femmes tresser devant leur porte.
Le rocher de l’Éléphant, tombe préhistorique creusée dans un bloc de trachyte à la silhouette évocatrice, se trouve à quelques kilomètres sur la route de Sedini.
13. Orgosolo et ses fresques murales
Orgosolo, au cœur de la Barbagia, est couvert de plus de cent cinquante fresques murales peintes depuis 1969. Elles traitent de politique, de luttes sociales et de la vie pastorale sarde.
Le village a longtemps porté une réputation de banditisme entre clans. Les fresques sont nées de cette histoire, et elles la racontent sans complaisance.
C’est l’endroit qui contredit le plus l’image balnéaire de la Sardaigne. Comptez deux heures, et acceptez qu’il n’y ait rien à consommer : ce n’est pas un village touristique.
14. Le Trenino Verde
Le Trenino Verde est un train touristique qui emprunte d’anciennes lignes à voie étroite à travers l’intérieur de l’île, sur des tracés que la route ne double pas.
Quatre parcours fonctionnent en saison, dont Mandas-Arbatax qui traverse la Barbagia et l’Ogliastra en sept heures. D. H. Lawrence l’a emprunté en 1921 et en a tiré un récit de voyage.
Comptez une journée. Le train ne circule que d’avril à octobre, à raison de quelques départs par semaine : le calendrier se vérifie à l’avance.
15. Villasimius et Capo Carbonara
Villasimius, à la pointe sud-est, est bordée par une aire marine protégée qui préserve la qualité de l’eau. Punta Molentis, Simius et Porto Giunco comptent parmi les plus belles plages de l’île.
L’étang derrière Porto Giunco abrite des flamants roses, visibles depuis la plage : la juxtaposition d’une mer turquoise et d’un étang rose est la signature de l’endroit.
La station est à une heure de Cagliari par une route côtière spectaculaire. Comptez une journée, et venez tôt : les parkings de Punta Molentis sont contingentés en été.
Quelle région de Sardaigne choisir ?
C’est la question qui décide de tout, et elle se pose avant même les dates. L’île fait 270 kilomètres du nord au sud, les routes de l’intérieur sont lentes, et vouloir tout voir en une semaine revient à passer ses journées en voiture.
Le nord-est (Costa Smeralda, Maddalena, San Teodoro) offre les eaux les plus spectaculaires et les meilleures excursions en bateau. C’est aussi le plus cher et le plus fréquenté.
L’est (golfe d’Orosei, Cala Gonone, Ogliastra) combine les criques les plus impressionnantes et la montagne du Supramonte. C’est le choix de ceux qui veulent marcher autant que se baigner.
Le sud (Cagliari, Villasimius, Chia, Sulcis) associe une vraie ville, des plages de premier ordre et des prix plus doux. C’est le meilleur compromis pour un premier séjour.
L’ouest (Alghero, Bosa, Sinis) est le moins couru, avec la plus belle route côtière de l’île et un patrimoine catalan et archéologique. À privilégier hors saison.
Si vous hésitez encore entre les deux grandes îles, notre guide sur que faire en Sicile pose l’arbitrage : la Sardaigne pour l’eau et les côtes, la Sicile pour le patrimoine. Pour une mer aussi belle mais accessible sans traversée, voir que faire dans les Pouilles.
Combien de jours pour visiter la Sardaigne ?
Une semaine pour une région, dix jours pour deux, deux semaines pour faire le tour de l’île sans courir. En dessous de cinq jours, restez sur une seule zone.
En 5 jours : le sud, autour de Cagliari, la ville, Villasimius, Chia, et une journée à Barumini pour les nuraghes.
En 1 semaine : le nord-est, avec la Maddalena en excursion, la Costa Smeralda et une incursion vers Castelsardo.
En 10 jours : l’est et le centre, golfe d’Orosei, Gorropu, Orgosolo : puis descente vers Cagliari.
En 2 semaines : le tour complet, en comptant deux à trois heures de route les jours de transfert et sans enchaîner plus de deux déplacements par semaine.
Où dormir en Sardaigne ?
Le bon choix par défautCagliari
le meilleur choix par défaut pour un premier séjour. Une vraie ville vivante toute l’année, un aéroport, et les plages du sud à moins d’une heure. Les prix restent raisonnables.
Petit budgetAlghero
le charme d’une vieille ville catalane, avec la côte ouest et Bosa à portée. Bon compromis entre patrimoine et plages, et moins cher que le nord-est.
Cala Gonone
la base des criques du golfe d’Orosei et du Supramonte. Village modeste, mais position idéale pour l’est.
Quand partir en Sardaigne ?
Mai, juin et septembre offrent le meilleur équilibre : mer baignable, températures autour de 25 °C, routes praticables et prix raisonnables.
Juillet et août sont la haute saison italienne : les tarifs doublent, les plages les plus connues contingentent leurs parkings, et les ferries se réservent des mois à l’avance. La quinzaine du 15 août est à éviter absolument.
Avril et octobre conviennent pour la randonnée et le patrimoine, mais la mer est fraîche et une partie des services saisonniers est fermée : excursions en bateau comprises.
De novembre à mars, l’île tourne au ralenti. Cagliari et Alghero restent vivantes, le reste dort.
La voiture est indispensable. Les transports publics relient les villes principales mais ne desservent ni les plages, ni les sites archéologiques, ni l’intérieur.
Réservez la location très en avance pour juillet et août : la flotte insulaire est limitée et les tarifs triplent en dernière minute. Une petite voiture est préférable, les routes d’accès aux criques étant étroites.
Comptez large sur les temps de trajet : les distances sont trompeuses. Cagliari-Olbia fait 270 kilomètres mais demande trois heures, et les routes de montagne du Supramonte bien davantage.
Les ferries relient l’île à Gênes, Livourne, Civitavecchia et Naples, avec ou sans voiture. La traversée dure de sept à treize heures selon le port.
Infos pratiques pour visiter la Sardaigne
Y aller. Trois aéroports : Cagliari au sud, Olbia au nord-est, Alghero au nord-ouest, tous desservis en direct depuis la France en saison. Les ferries partent de Gênes, Livourne, Civitavecchia, Naples et Marseille, avec des traversées de sept à treize heures : la seule option pour venir avec sa voiture.
Se déplacer. La voiture est indispensable : les transports publics ne desservent ni les plages ni les sites archéologiques. Réservez la location très à l’avance en été. Comptez large sur les temps de trajet, les routes de l’intérieur étant lentes.
Combien de jours. Une semaine pour une région, dix jours pour deux, deux semaines pour le tour de l’île. En dessous de cinq jours, restez sur une seule zone.
Meilleure période. Mai, juin et septembre pour le calme et les routes praticables, juillet et août pour la mer la plus chaude, entre 26 et 28 °C.
Budget. Comptez 15 à 30 € par jour et par personne pour les activités hors excursions en bateau, et 15 à 28 € pour un repas. La voiture ajoute 30 à 70 € par jour selon la saison, et une journée en mer 30 à 50 € par personne.