La place
Tracée au XVIIᵉ siècle, elle est bordée de portiques continus sur ses deux longs côtés, sous lesquels on circule à l’abri.
Les églises de Santa Cristina et San Carlo, au sud, se font face de chaque côté de la via Roma et forment une fausse symétrie : les façades ne sont pas de la même époque.
La statue équestre d’Emmanuel-Philibert, dite le Caval ‘d Brons, occupe le centre. Le duc rengaine son épée après la victoire de Saint-Quentin en 1557.
La via Roma, qui la traverse, est l’axe commerçant principal entre la gare de Porta Nuova et la piazza Castello.
La place accueille concerts et rassemblements, et c’est le point de rendez-vous des Turinois.
Le bicerin
Le bicerin est un café servi dans un petit verre, avec trois couches superposées : chocolat chaud épais en bas, café au milieu, crème de lait en haut.
Il ne se mélange pas : on boit les couches à travers la crème, et c’est le principe.
Il a été popularisé au XVIIIᵉ siècle par le café Al Bicerin, en face du sanctuaire de la Consolata, ouvert en 1763. La boutique est minuscule, sept tables, et la recette est gardée.
Turin est aussi la ville du gianduja, pâte de chocolat et de noisette inventée pendant le blocus napoléonien pour économiser le cacao, et des gianduiotti qui en sont faits.
Le vermouth a été inventé à Turin en 1786, et l’aperitivo turinois en est l’héritier direct.
Les cafés historiques
Sur la place, le café San Carlo, de 1822, et le café Torino, avec sa mosaïque de taureau au sol devant l’entrée, sont les plus en vue.
Le café Mulassano, sur la piazza Castello, a inventé le tramezzino, sandwich triangulaire de pain de mie, en 1926. Salle minuscule en bois et marbre.
Le Baratti & Milano, sous la galerie Subalpina, est une confiserie de 1858 au décor Art nouveau intact.
Le Fiorio, via Po, fréquenté par Cavour, est réputé pour ses glaces.
Au comptoir, les prix restent modérés. En salle, ils montent. Notre guide pour visiter Turin relie ces cafés dans une promenade du centre.


