Les fresques
L’église a été bâtie à partir de 1503 pour un couvent de bénédictines, et décorée par Luini, élève de la tradition léonardesque, dans les années 1520 et 1530.
Toute la surface est peinte : murs, piliers, voûtes, jusqu’aux encadrements en trompe-l’œil. Il ne reste pas un mètre carré nu.
Les couleurs sont d’une fraîcheur remarquable, l’église ayant été peu modifiée et peu exposée.
Les fresques mêlent scènes religieuses et portraits des familles donatrices, en costume du temps, ce qui en fait un document sur la société milanaise.
Le surnom de chapelle Sixtine de Milan est journalistique mais l’ampleur de l’ensemble le justifie en partie.
Les deux églises, et le mur
L’église est coupée en deux par un mur de séparation, percé d’une seule petite grille.
La partie avant, l’aula dei fedeli, était accessible aux laïcs. La partie arrière, l’aula delle monache, était réservée aux moniales, qui vivaient en clôture stricte et ne pouvaient être vues.
Elles assistaient aux offices derrière ce mur, percevant la messe par la grille. Les deux parties sont peintes avec le même soin, alors que l’une n’était vue que par des recluses.
La partie des moniales conserve un orgue de 1554 encore en état, l’un des plus anciens de Lombardie, utilisé pour des concerts.
On passe aujourd’hui d’une partie à l’autre : ne vous arrêtez pas au mur, beaucoup de visiteurs croient que la visite s’y termine.
Le musée archéologique
Les bâtiments conventuels abritent le musée archéologique de Milan, entrée séparée et payante, quelques euros.
Il présente la Mediolanum romaine, des mosaïques, de la verrerie, et deux tours romaines conservées dans le jardin, dont une de l’enceinte du IIIᵉ siècle.
Une salle est consacrée à Gandhara, art gréco-bouddhique du Pakistan.
Le corso Magenta, où se trouve l’église, mène à Santa Maria delle Grazie et à la Cène, à dix minutes.
Notre guide sur que faire à Milan explique comment enchaîner ces visites de l’ouest du centre.


