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La réservation, la seule chose qui compte
Les créneaux s’ouvrent par tranches, généralement deux à trois mois avant, sur le site officiel, et partent en quelques heures.
Notez la date d’ouverture de la vente et connectez-vous ce jour-là. C’est la seule méthode fiable pour le tarif officiel.
Si les créneaux sont épuisés, des visites guidées d’agences en détiennent des quotas. Elles coûtent plusieurs fois le prix mais restent disponibles quand le site officiel ne l’est plus.
Le billet est nominatif et une pièce d’identité peut être demandée. Les retards ne sont pas tolérés : arrivez vingt minutes avant.
Il n’y a pas de guichet de dernière minute. Se présenter sans réservation est inutile, et de nombreux visiteurs le font encore.
Pourquoi quinze minutes, et pas plus
Léonard n’a pas peint à fresque. Il a utilisé une technique à sec, tempera sur enduit, pour pouvoir retoucher et nuancer, ce que la fresque interdit.
Le résultat est que la peinture a commencé à se détacher du mur vingt ans après son achèvement, en 1498. Elle a été restaurée une dizaine de fois.
Le réfectoire a servi d’écurie sous Napoléon, et une bombe a détruit un mur en 1943 : la Cène a survécu derrière des sacs de sable.
La dernière restauration a duré de 1978 à 1999, vingt et un ans, pour retirer les repeints successifs.
L’humidité et le dioxyde de carbone des visiteurs restent le principal facteur de dégradation : d’où les sas, les groupes limités et les quinze minutes.
Ce qu’il faut regarder en quinze minutes
La composition entière tient sur un point de fuite unique, situé sur l’œil droit du Christ. Tout le réfectoire peint converge là.
L’instant choisi est celui où le Christ vient d’annoncer qu’un des convives le trahira. Les douze réagissent, par groupes de trois, et chaque groupe a son rythme.
Judas est le seul dont le visage reste dans l’ombre, la main tendue vers le même plat que le Christ.
Les mains sont le sujet réel : elles portent l’essentiel de l’expression, et Léonard en a fait des dizaines d’études préparatoires.
Sur le mur opposé, une Crucifixion de Montorfano, peinte en 1495, est presque toujours ignorée. Elle est en bien meilleur état, ce qui dit tout de la technique de Léonard.
Autour
Le réfectoire est attenant à l’église Santa Maria delle Grazie, dont l’abside est de Bramante. Elle est gratuite et vaut le coup d’œil, notamment son cloître.
Le château des Sforza est à quinze minutes à pied, et sa salle des Ases porte une voûte peinte par Léonard.
Le musée Léonard de Vinci, à la Biblioteca Ambrosiana, conserve le Codex Atlanticus.
Notre guide sur que faire à Milan explique comment construire la journée autour de ce créneau imposé.


