Le Teide, le point culminant de l’Espagne
Le Teide domine l’île à 3 715 mètres d’altitude, ce qui en fait non seulement le plus haut sommet d’Espagne mais aussi la troisième structure volcanique la plus vaste du monde depuis sa base océanique. Le parc national qui l’entoure, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007, offre un paysage qui ressemble davantage à Mars qu’aux Canaries que l’on imagine, avec les formations rocheuses des Roques de García qui comptent parmi les points de vue les plus photographiés de l’archipel. Le téléphérique grimpe jusqu’à environ 200 mètres du sommet en une dizaine de minutes; atteindre le point culminant lui-même demande un permis gratuit à réserver en ligne plusieurs semaines à l’avance, le nombre de visiteurs autorisés chaque jour étant limité.
Le ciel du Teide, l’un des plus purs d’Europe, a valu à l’île d’accueillir l’un des observatoires astronomiques les plus réputés du monde : plusieurs excursions nocturnes organisées permettent d’observer les étoiles depuis le parc, une expérience qui reste l’un des points forts du séjour même pour qui ne s’intéresse pas particulièrement à l’astronomie.
Autre curiosité fréquente en fin de journée : la "mer de nuages", un phénomène où les alizés poussent une épaisse couche nuageuse contre les flancs du volcan sans jamais dépasser une certaine altitude, laissant le sommet et une partie de la route panoramique baignés de soleil au-dessus d’une mer blanche qui recouvre le reste de l’île. Le contraste, en particulier au coucher du soleil, explique pourquoi tant de visiteurs remontent au parc en fin d’après-midi plutôt qu’en pleine journée.
Masca, le village accroché à sa gorge
Perché au cœur du massif du Teno, dans l’ouest de l’île, Masca se rejoint par une route en lacets si étroite qu’elle demande une attention constante, récompensée par une vue plongeante sur le village et la mer au loin. Le fameux sentier de randonnée qui descend la gorge jusqu’à une petite crique, longtemps fermé pour des travaux de sécurisation, a rouvert avec un système de créneaux limités et de réservation obligatoire : renseignez-vous avant de partir si cette randonnée fait partie de vos projets, la demande dépassant largement l’offre en haute saison.
Anaga, la forêt qui semble sortie d’un autre temps
À la pointe nord-est de l’île, le parc rural d’Anaga protège l’un des derniers vestiges de laurisilva, une forêt de lauriers qui couvrait le bassin méditerranéen il y a des millions d’années et qui a survécu ici grâce à l’humidité constante apportée par les alizés. Les sentiers qui serpentent entre les crêtes, souvent enveloppés de brume, débouchent sur des points de vue spectaculaires et sur de petits hameaux comme Chinamada, où certaines maisons restent creusées à même la roche. Les plages sauvages de sable noir du secteur, notamment Benijo et El Draguillo, ne se rejoignent qu’à pied et récompensent l’effort par un cadre pratiquement vierge de constructions.
La Laguna, l’ancienne capitale classée à l’Unesco
San Cristóbal de La Laguna, généralement appelée simplement La Laguna, a servi de modèle urbanistique à de nombreuses villes coloniales d’Amérique latine, un rôle historique qui lui a valu son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Son centre historique, avec ses façades colorées et son plan en damier hérité du XVe siècle, se visite agréablement à pied en une demi-journée, dans une ambiance étudiante plus animée que celle de la plupart des villes historiques de l’archipel grâce à la présence de l’université.
Los Gigantes et Garachico, deux visages de la côte ouest
Les falaises de Los Gigantes, qui plongent à pic sur près de 600 mètres dans l’Atlantique, forment l’un des paysages les plus impressionnants de l’île, à découvrir idéalement en bateau depuis le petit port du même nom, une sortie qui permet aussi souvent d’apercevoir dauphins et baleines-pilotes qui fréquentent ces eaux profondes toute l’année. Plus au nord, Garachico reste marquée par l’éruption volcanique de 1706 qui a détruit son port, alors le plus important de l’île, et enseveli une partie de la ville sous la lave. Cette coulée a paradoxalement créé les piscines naturelles volcaniques d’El Caletón, aujourd’hui l’une des baignades les plus prisées de la côte nord.
Loro Parque et les parcs à thème du nord
Loro Parque, à Puerto de la Cruz, reste l’un des parcs animaliers les plus réputés d’Espagne, connu à l’origine pour sa collection de perroquets puis pour ses spectacles d’orques et de dauphins, une programmation qui suscite aujourd’hui un débat plus large sur la captivité des cétacés dans les parcs à travers le monde. Puerto de la Cruz elle-même, ville thermale historique du nord, vaut le détour pour son Jardin botanique centenaire et sa plage de sable noir aménagée par l’architecte César Manrique.
Ce qu’on mange à Tenerife
La cuisine canarienne se distingue nettement du reste de l’Espagne, avec une identité forgée par l’isolement de l’archipel et les échanges anciens avec l’Amérique latine. Les papas arrugadas, petites pommes de terre cuites dans une eau très salée jusqu’à ce que leur peau se ride, se servent avec le mojo, une sauce à base d’ail, de piment et d’huile d’olive déclinée en version rouge (piquante, au paprika) ou verte (à la coriandre), presque toujours posée sur la table dès l’arrivée. Le gofio, une farine de céréales grillées utilisée depuis l’époque guanche, précédant l’arrivée des Espagnols, se retrouve aussi bien dans les soupes que dans les desserts, un ingrédient qui surprend souvent les visiteurs par sa polyvalence.
Le fromage de chèvre local, notamment celui produit autour d’Arico dans le sud de l’île, se sert grillé en tapa (queso asado) avec une pointe de mojo, une association simple mais redoutablement efficace. Les vins de Tenerife, cultivés sur des sols volcaniques et souvent en altitude sur le Teide, restent méconnus hors des Canaries mais gagnent en réputation ces dernières années, notamment les blancs issus du cépage listán.
Tenerife nord ou sud : où loger ?
Le choix entre le nord et le sud de l’île détermine largement le reste du séjour : climat, ambiance, type de plages. Notre page dédiée Tenerife nord ou sud ? détaille ce comparatif en profondeur, mais pour résumer, le sud garantit un ensoleillement plus fiable et concentre les grandes stations balnéaires, tandis que le nord, plus vert et plus authentique, subit une météo plus changeante et un ciel parfois voilé par les nuages portés par les alizés.
Si le choix de l’île n’est pas encore arrêté, notre comparatif quelle île des Canaries choisir met Tenerife face à Gran Canaria, Lanzarote et Fuerteventura, critère par critère.
Itinéraire : Tenerife en une semaine
Une semaine permet de faire le tour de l’île sans se presser : le Teide et sa route panoramique, le massif du Teno et Masca, la forêt d’Anaga, La Laguna, et suffisamment de temps pour alterner plages du sud et randonnées du nord. Notre guide détaillé Tenerife en une semaine propose un itinéraire jour par jour complet, avec une version raccourcie pour cinq jours si votre séjour est plus court.
Les plus belles plages de Tenerife
Contrairement à l’image de plage de sable doré qu’on associe généralement aux Canaries, Tenerife doit une bonne partie de son identité littorale à ses plages de sable noir volcanique, notamment sur la côte nord et à Anaga, quand le sud aligne plutôt des plages de sable importé plus classiques autour des grandes stations. Notre page dédiée aux plages de l’île détaille les meilleures options selon la région où vous logez.
Louer une voiture à Tenerife
L’île est suffisamment vaste et diverse pour que la voiture de location devienne quasiment indispensable dès que votre itinéraire dépasse le sud balnéaire : la route qui grimpe vers le Teide, l’accès à Masca ou aux villages de l’Anaga demandent tous un véhicule, les bus reliant surtout les grandes villes entre elles avec une fréquence limitée vers les sites naturels. Réservez en ligne avant d’arriver, particulièrement en haute saison hivernale (octobre à décembre), période où l’île attire une clientèle nombreuse en quête de soleil pendant l’hiver européen. Les routes de montagne, sinueuses et parfois embrumées du côté du Teide et de l’Anaga, demandent une conduite prudente, surtout de nuit. Le réseau routier reste globalement en bon état sur l’ensemble de l’île, y compris sur les tronçons de montagne, ce qui distingue Tenerife de certaines îles voisines où les routes secondaires restent plus rustiques.
Tenerife en famille
Le sud de l’île, avec ses grandes plages aménagées et ses parcs à thème (Loro Parque, Siam Park, l’un des parcs aquatiques les mieux notés au monde), reste la valeur sûre pour un séjour en famille, tandis que le Teide et ses paysages spectaculaires fonctionnent aussi bien avec des enfants curieux de nature qu’avec des adultes. Les randonnées d’Anaga ou de Masca, en revanche, demandent une bonne condition physique et conviennent mieux aux enfants plus grands.
Le Loro Parque propose aussi une formule combinée avec Siam Park pour les familles qui veulent enchaîner les deux parcs sur un même séjour, une option qui revient moins cher que deux billets achetés séparément. Pour les familles qui préfèrent la nature aux parcs à thème, les piscines naturelles volcaniques du nord de l’île, notamment à Garachico ou du côté de Bajamar, offrent une baignade plus douce que l’océan ouvert, avec une profondeur limitée qui rassure les parents de jeunes enfants.
Infos pratiques pour visiter Tenerife
Y aller : Tenerife dispose de deux aéroports, Tenerife Nord (Los Rodeos), plus proche de La Laguna et de Santa Cruz, et Tenerife Sud (Reina Sofía), plus proche des stations balnéaires du sud, vérifiez lequel dessert votre vol avant d’organiser vos déplacements.
Quand partir : Tenerife bénéficie d’un climat doux toute l’année, ce qui en fait une destination prisée en hiver (octobre à mars) pour échapper au froid européen. Le printemps et l’automne offrent un bon compromis entre météo agréable et affluence modérée.
Se déplacer : la voiture de location reste le moyen le plus pratique pour explorer l’île au-delà des zones balnéaires du sud, en particulier pour rejoindre le Teide, Masca et l’Anaga.
Décalage horaire et devise : les Canaries suivent l’heure de Londres, avec une heure de décalage par rapport à l’Espagne continentale, un détail facile à oublier en planifiant des activités à horaire fixe. La monnaie reste l’euro, et l’archipel bénéficie d’une fiscalité particulière (IGIC plutôt que TVA classique) qui rend certains achats, notamment l’électronique et le tabac, sensiblement moins chers qu’en Espagne continentale.